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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 09:12



1984 est l’histoire bien connue d’une société divisée en trois Etats : l’Océania, l’Eurasia et l’Estasia. La société elle-même, surveillée par l’omniscient Big Brother, est divisée en trois catégories : le Parti intérieur, le Parti extérieur, les Prolétaires. Winston, modeste employé au service de Big Brother, va connaître une remise en question du mode de fonctionnement de la société lorsqu’il tombe amoureux de Julia et qu’il commet le crime par la pensée.
L’adaptation de Radford est donc très fidèle au roman d’Orwell. L’exercice ne consiste pas à s’inspirer de la société de base décrite dans le livre pour se livrer à quelques petites expérimentations ou exercices de style. Il apparaît clairement que Radford a voulu rendre hommage au chef d’œuvre d’Orwell, et cette seule tâche constitue à elle seule une gageure. D’ailleurs, le défi me semble n’avoir été relevé qu’à moitié…
Ma lecture de 1984 date de quelques années et certains principes de la société, certains de ses modes de fonctionnement, me sont devenus plutôt flous. La visualisation du film ne permet malheureusement pas de se rafraîchir les idées, et il est encore moins question de découvrir 1984 par son biais au risque de patauger dans l’incompréhension la plus totale du début jusqu’à la fin du film. Ce défaut ne tient peut-être pas seulement au réalisateur. Il me semble plutôt inhérent au livre en lui-même car la densité des idées qu’il contient est telle qu’un film de facture classique ne pourrait suffire à en donner une version suffisante. Michael Radford a dû effectuer des choix qui, s’ils ne nuisent pas forcément à la bonne compréhension du film (quoique…), en réduisent toutefois nettement l’intérêt. Il suffit de se pencher sur le seul développement de l’histoire d’amour entre Winston et Julia pour le comprendre : alors que le livre l’amenait progressivement à franchir les barrières naturelles de la méfiance entre les deux individus, le film l’achève en quelques minutes, ce qui nuit énormément au climat de tension sociale qui règne dans la société de Big Brother.




La bonne volonté de Michael Radford pour retranscrire le plus fidèlement possible l’œuvre d’Orwell incite toutefois au respect. Le choix des acteurs est très judicieux et leur jeu froid, tout en retenue, contribue à l’atmosphère glaçante du film. Complétée par la bande-son électronique signée Eurythmics, l’immersion est parfaitement achevée.




Il ne manque à ce film qu’une ou deux heures supplémentaires qui auraient permis à Michael Radford de retranscrire avec plus de détails la société telle que décrite par Orwell. A moins d’admettre que ce roman n’est tout simplement pas calibré pour être adapté dans un format standard de productions cinématographiques. Ceci rappelle encore une fois la grandeur de l’œuvre d’Orwell et montre le courage (ou la prétention ? ou la folie ?) de Michael Radford, tentant de rivaliser à l’échelle cinématographique.

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Published by Colimasson - dans Film
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