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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 09:19



Si 2 days in New-York constitue une suite, il peut aussi parfaitement se regarder indépendamment. Marion vit à New-York avec son nouveau boyfriend Mingus et deux enfants issus de relations antérieures. Ils mènent une vie de bobos, entre un vernissage de photos et des émissions quotidiennes à la radio. Le vernissage constitue d'ailleurs une bonne mise en abyme du film : alors que Marion expose les photos intimes, drôles et banales des nuits qu'elle a passées avec différents individus au cours de plusieurs années, Julie Delpy nous présente la vie d'une famille sur le même ton à la fois impudique, pathétique et attendrissant. 


Ce tableau prend toutefois son entière puissance lorsque la famille de Marion, en provenance de Paris, débarque dans son appartement à New-York. Le père n'est rien de moins qu'un gentil psychopathe à la sexualité débridée, la soeur est une nymphomane tandis que son petit ami, qui est aussi l'ancien compagnon de Marion, représente le lourdaud de base qui associe "cunnilingus" à Mingus et se repaît sans cesse de cette blague. 2 days in New-York joue un peu sur les clichés séparant les états d'esprits français et américain mais s'appuie surtout sur l'alchimie des caractères pour élaborer un tableau de moeurs foisonnant. Les combinaisons sont multiples : que vont produire un Mingus et le beau-père coincés l'un en face de l'autre dans la cuisine ? Quelle influence aura la soeur de Marion face à son voisin, neurologue et père de famille ? Et lorsque Mingus reste seul, face à une effigie cartonnée d'Obama, que lui raconte-t-il ?



Julie Delpy trouve toujours moyen de nous surprendre en réutilisant les clichés classiques du mythe rabelaisien ou en redonnant vie à des blagues sexuelles que l'on croyait éculées. L'ensemble du film se déroule sans aucune notion de jugement de valeur, jusqu'au moment fatidique de la conclusion. Comment tourner court à ce qui est devenu ébullition humaine ? Julie Delpy choisit malheureusement de briser tout l'élan qu'elle avait accumulé en nous proposant une moralité douteuse et simplette, à des lieues de l'état d'esprit qu'elle avait jusqu'alors tenté d'insuffler à son film.

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Published by Colimasson - dans Film
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