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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 14:19



Même si Eminem crève l’affiche, 8 mile n’a pas pour vocation de retracer le parcours du rappeur. Certains éléments de la vie de « B-Rabbit » Smith Jr. s’inspirent certes de son existence –la résidence misérable qu’il partage avec sa mère et sa sœur, son travail à l’usine de tôle de voitures, l’antagonisme des populations séparées par la route 8 Mile…- mais le doute plane sur la véracité de certains évènements plus pathétiques –bastons, peines d’amour, difficultés financières et violence générale. A ce sujet, Eminem reste distant, précisant seulement que la réalité se situe parfois bien au-deçà des évènements montrés dans le film, et parfois bien au-delà.





Une fois que l’on sait cela, 8 Mile cesse d’être un film dont l’unique objectif serait de dresser un portrait stupidement admiratif d’Eminem. Ainsi, les catastrophes qui s’amoncellent sur ses épaules retrouvent de leur indépendance. On ne les imagine plus seulement justifiées par le besoin de prouver qu’Eminem est un martyr moderne dans la pure tradition judéo-chrétienne, mais par le besoin de représenter une certaine réalité de la vie autour de 8 Mile. Il n’empêche, la morale de l’histoire reste quand même très catégorique et fait l’apologie des bonnes vieilles valeurs du rêve américain –ce qui n’a pas que des désavantages car elle permet au film d’éviter l’écueil d’un surplus de violence gratuite (mais s’éloigne-t-on alors de la réalité ?)





Mais en évoquant tout cela, je n’aurais pas évoqué l’aspect le plus séduisant d’8 Mile qui consiste en sa créativité et en sa verve endiablée. Il faut laisser entendre les sonorités de la langue originale, quitte à s’aider des sous-titres, pour comprendre le talent nécessaire à la pratique des batailles locales de rap organisées par David Future Porter. Les enjeux et les antagonismes se révèlent et se règlent sur cette scène, dans la vision idéalisée d’une guerre clanique qui trouverait sa résolution dans les mots et dans la musique. On se laisse facilement persuader, pour peu que l’on ait un peu d’affinité avec cette musique –et plus particulièrement avec celle d’Eminem.

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Published by Colimasson - dans Film
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commentaires

Tietie007 22/10/2013 20:09

Je n'ai pas vu ce film, mais j'ai adoré L.A.Confidential, du même réalisateur !