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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 09:50





La marche globale de 9 mois ferme met un peu mal à l’aise. On imagine mal qu’Albert Dupontel soit moralisateur et pourtant, dès le début du film, il semble séparer deux conceptions de la vie pour distinguer celle qui fleure bon la réussite (et qui rend donc heureux), de celle qui ne répand que du gâchis derrière soi. Ainsi en est-il d’Ariane Feler, vieille fille entièrement dévouée à son travail, associable, méfiante voire carrément misanthrope. Parce qu’elle estime que les hommes ne valent rien, elle laisse filer sa vie et en oublie même de fonder une famille. On a beau en rire, il n’empêche, c’est balancé.



On reconnaît toutefois qu’Albert Dupontel semble surtout justifier cette intrigue par l’unique obligation de donner un fil conducteur aux péripéties saugrenues qu’il souhaite faire connaître à ses personnages. Les hommes qu’il fait rencontrer à Ariane sont effectivement « débiles et tarés » et justifient son célibat. Dans le fond, Albert Dupontel ne cherche certainement pas à juger la vie de son héroïne : cette existence qu’il nous présente de manière sordide constitue la seule justification qu’il a trouvée pour que ses personnages se passionnent autour d’une histoire judiciaire qui permettra surtout de faire ressortir l’absurde et l’impartialité de la justice. Quand il dégaine, Albert Dupontel devient réjouissant. Pas un personnage n’est épargné par la dérision. Si le fond est parfois convenu, le réalisateur parvient à renouveler la forme de ses invectives –pensons par exemple à sa formidable parodie des journaux télévisés.


La conclusion très convenue des 9 mois ferme constitue une faiblesse inhérente à celle de l’intrigue élaborée. Albert Dupontel essaie de glisser deux ou trois dernières blagues un peu plus mollassonnes que les précédentes pour s’en excuser. On veut bien, puisque tout le reste a été drôlement sanguinaire et méchant.

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Published by Colimasson - dans Film
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