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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 14:24



After Earth n’aurait pu être qu’un banal film voué au divertissement et rempli d’effets spéciaux. En réalité, il est plus malsain qu’il n’y paraît. Commercial, oui, mais pas seulement. Commercial non pas par choix mais par nécessité...


Tout d’abord, on craint un remake à la sauce Avatar dans lequel le spectateur serait un triste cobaye sur lequel on expérimenterait les conséquences émotionnelles se produisant en lui lorsqu’on lui présente les images d’une Terre dévastée, puis abandonnée, et enfin rendue à elle-même. On reconnaîtra sans peine les bouchons sur la périphérie et les centrales nucléaires qui n’arrêtent pas d’éructer sur fond de soleil couchant. Le début d’After Earth, c’est la fin d’aujourd’hui. Les êtres humains ont dû fuir. Quelle blague alors lorsque, mille ans plus tard, un vaisseau est obligé d’y effectuer un atterrissage d’urgence : la Terre ne convient désormais plus aux hommes. Là où le film surprend, c’est que la Terre n’est pas redevenue un paradis écologique équilibré : les animaux prolifèrent, et on regrette presque que l’oncle Sam ne soit plus là pour descendre tout ça à la baïonnette.


Kitai Raige et son père Cypher sont les seuls survivants de l’atterrissage. Commence alors un petit parcours initiatique sans intérêt puisque hautement prévisible. L’amour du père pour son fils devra être justifié par l’usage de la puissance physique et surtout de l’invulnérabilité morale qui s’appelle ici « effacement ». La survie des nouveaux hommes est permise par la disparition de leurs sentiments –en particulier celui de la peur- et fait d’eux des êtres capables de triompher de la Peur, matérialisée dans le film sous la forme d’une créature extraterrestre aussi séduisante qu’une carrosserie de voiture au rebus.



After Earth, après avoir essayé de nous distraire tant bien que mal, veut nous faire croire à ses bons sentiments. Le parcours initiatique réussi, père et fils retournent sur leur planète d’origine. La Terre est de nouveau livrée à elle-même, sans plus de considération, nous prouvant bien que le message écologique d’introduction ne servait qu’à se donner bonne conscience. Père et fils sont de nouveau copains comme cochons, signifiant par-là que l’amour n’est jamais gratuit : il se paie au moins par la fierté. Le fils ayant réussi, le père peut être fier de la part génétique qu’il a transmise à celui-ci. Mais au fait… que représente cette réussite ? Il s’agit de devenir un peu moins humain –on le pressentait déjà en voyant la démarche de Kitai et Cypher, raide comme celle d’un robot- et de laisser de côté ses sentiments. Kitai triomphant du monstre par abandon de la Peur peut devenir une allégorie plus épouvantable lorsqu’elle devient Kitai triomphant de la vie par abandon de ses sentiments.


Restons donc encore un peu sur notre planète… After Earth, c’est vraiment trop moche…



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Qu'est-ce qu'il me veut ce bouffon ?

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Published by Colimasson - dans Film
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