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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 11:43
American Psycho (2000) de Mary Harron



Résumé :

Citation:
Au coeur des années Reagan, Patrick Bateman est un pur produit de la réussite américaine. Jeune, riche, il est un de ces golden boys qui triomphent à la bourse. Seul le nec plus ultra est digne de lui et il s'emploie à ne retrouver que des symboles qui lui renvoient une image de succès. Il accumule, avec une obsession maladive, les vêtements selects, les relations enviables. Son voeu le plus cher est de se fondre dans cette foule, de trouver sa place au milieu de ceux auxquels il s'identifie.



Après avoir lu et adoré American Psycho de Bret Easton Ellis, j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure et de m’attaquer au film, adaptation du roman. Non sans crainte puisque les critiques laissaient à penser que cette adaptation était plutôt ratée. Mais il fallait que je sache :dentsblanches : Et puis, une mauvaise adaptation n’allait pas gâcher la qualité que je trouvais à l’original donc bon, quand faut y aller, faut y aller !



Tuera ? Tuera pas ?


J’ai bien fait de m’être lancée. Même si Mary Harron n’égale pas le talent de Bret Easton Ellis, le film reste indéniablement bon. Christian Bale dans le rôle de Pat Bateman est aussi détestable et répugnant que dans le livre. Tout le ridicule de ses rituels esthétiques du matin est parfaitement retranscrit dans la scène de la douche et des étirements (merci aux citations de Bret), et ceci dès les premières minutes.



L’ordre du livre n’est pas respecté, mais cela ne nuit pas à la compréhension des évènements. Après tout, les meurtres, les dîners et les partouzes se suivent et s’enchaînent dans une indifférence toujours égale pour Bateman, alors, à quoi bon s’embêter à suivre un ordre précis de déroulement ? Le final restera le même, quoiqu’il arrive.

Là où le film faiblit, c’est dans les ellipses un peu trop nombreuses accordées sur les passages criminels et sexuels de Pat Bateman, qui font pourtant le délice d’American Psycho livre (je pense notamment au meurtre du clochard noir et de son chien, réduit à une minute de film alors que la description de Bret s’étendait sur plusieurs pages sanglantes…). Volonté peut-être de toucher un public plus large car les films n’obéissent pas aux mêmes règles de censure que les livres.

A ce sujet, Guinevere Turner, coscénariste et interprète d’Elizabeth s’exprime :

"Pour souligner l'essence satirique du propos, Mary et moi avons concentré l'histoire originale, en avons sélectionné les moments cruciaux, en mettant l'accent sur l'humour du comportement des personnages et en choisissant les éléments clés des dialogues brillants et très drôles d'Ellis. En outre, la majeure partie de la violence se déroule hors du cadre. Elle est d'abord suggérée.
Nous étions conscientes dès le départ que si nous ne trouvions pas l'approche juste, le film pouvait aisément se transformer en un film d'horreur, sanguinolent et écoeurant. C'était bien la dernière chose que nous souhaitions. Au contraire, ici, c'est ce que l'on ne voit pas qui est le plus terrifiant.»





Mais les Inrocks ne sont pas contents et ils le disent :

Citation:
Les visions terrifiantes du romancier sont en effet faiblement retranscrites à l'écran, le film procédant à une autocensure systématique des scènes de violence, réduites à quelques zébrures parodiques.


Source : link

Sans aller jusque là, il est vrai que ces ellipses font perdre de l’intensité du récit de Bret, mais on comprend les obligations de Mary Hurron, et malgré cela, il reste encore cruel, assez en tout cas pour donner envie à ceux qui ne le connaissent pas de lire le livre d’Easton Ellis.

On pourrait résumer le tout de cette façon, à la manière de Mary Hurron :

« Là où la plupart de ces jeunes arrivistes se contentent de mépriser les pauvres, Bateman les tue. Là où on détruit socialement ses rivaux, Patrick Bateman les assassine. Et quand les hommes traitent les femmes avec mépris, lui les abat. »

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