Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 09:26




Résumé Editeur (Cornélius) :

Citation:
Ce volume de la grande anthologie que nous consacrons à Robert Crumb met en avant la veine pamphlétaire de ce dernier. Le constat lucide et acerbe qu'il dresse de son pays vaut pour tout l'Occident, tant nos modes de vie semblent s'être calqués sur le rêve américain. La soif de destruction, la folie consumériste, la volonté de puissance, les réflexes racistes et communautaristes, tous les instincts primaires qui animent l'homme moderne sont ici taillés en pièces.
Un livre noir, à la rage salvatrice, qui redonne un peu de colère à l'heure où semble s'installer la résignation.



Cet album réunit des histoires écrites par Robert Crumb entre 1969 et 1993. Souvent acerbes et jetant un regard critique sur les Etats-Unis, elles faisaient alors partie de ce que l’on appelle la BD « underground », comme en parle si bien le principal concerné :

« ... Et quel pays de dingue où l'on peut dessiner comme on veut les choses les plus dégradantes, les plus irrévérencieuses sur les puissants, et tout le monde s'en fout ! Pas de taule, pas de poursuites... On vous exclut simplement du marché !! »

Robert Crumb s’attaque au fanatisme, à la politique, à l’écologie, au star system, sans jamais oublier de s’inclure dans les critiques qu’il fait de ces différents mondes. S’il se rend bien compte que les comportements des hommes politiques ne sont jamais tout à fait honnêtes, il déplore de son côté son manque d’idéaux politiques et une certaine forme de démission.

« Je n’y comprends absolument RIEN ! Comment autant de gens peuvent-ils être aussi cons ? On vit pourtant une époque moderne ! »

Le tout bien sûr ponctué d’un humour acide et féroce. Sur le ton de la plaisanterie, les critiques passent mieux.

Comme le dit Blogalire :

Citation:
Cette anthologie s'intitule faussement Amerika, avec un "K" façon Kafka. En effet la société décrite dans ces 93 pages est aujourd'hui celle de tout l'occident, pas seulement des U.S.A. Et puis « Pourquoi les foules sont-elles si écœurantes ? », demande Crumb en dessinant une file d'attente au guichet d'un fast food. « Parce qu'en général, les gens qui les composent sont encore pires pris individuellement, j'imagine... » Notez qu'il n'en est pas sûr...


Source : link

L’album est enrichi d’une postface de trois pages rédigée par Jean-Pierre Mercier. Elle nous éclaire sur le contexte d’écriture de chacune des histoires qui composent cet ouvrage.

Les plus beaux coins de Détroit (1969) : Sur le ton d’un dépliant touristique, ces pages décrivent les hauts lieux supposés de Détroit, alors surnommée « Motor City » du fait de sa production automobile.
Motor City (1969) : Continue dans la même veine que l’histoire précédente en imaginant une métropole entièrement dédiée au dieu automobile.

« L’ironie du propos se teinte avec le recul d’une certaine mélancolie, quand on sait qu’il ne reste pour ainsi dire aucune trace de ce qui fit la puissance économique de Détroit, agglomération aujourd’hui sinistrée. »

Monsieur Je-Sais-Tout dans « Quatre ans de plus » (1973) : Dans cette histoire, Crumb réagit directement à un évènement politique : l’élection présidentielle américaine de 1972 qui avait porté au pouvoir Nixon face au démocrate George McGovern.




Jumpin’ Jack Flash (1971) : Histoire mettant en scène un personnage calqué sur le modèle de Charles Manson :

« Charles Manson est le modèle du méphitique héros de cette courte histoire. Le 9 août 1969, Manson persuada The Family, un groupe de cinq disciples, dont quatre femmes, de massacrer les occupants de la propriété de Cielo Drive (Californie du Sud). Parmi eux figurait l’actrice Sharon Tate, alors enceinte. Charles Manson se voyait comme l’incarnation du cinquième ange du Livre des Révélations et interpréta la chanson Helter Skelter des Beatles, sortie peu de temps auparavant sur l’Album Blanc, comme un appel crypté au massacre généralisé. Arrêté quelques temps après, jugé et condamné à la perpétuité, il croupit depuis en prison. »

C’est le gros méchant plein d’soupe (1970) : Histoire d’un personnage inventé par Crumb lors d’un mauvais trip LSD dont les effets durèrent plusieurs mois.
Parlons sérieusement de l’Amérique moderne (1975) : Constat de l’impuissance de Crumb à articuler une pensée politique structurée.



Les bandes dessinées profondes (1969) : Retranscrivent les situations que Crumb vivait alors qu’il était sous l’emprise de substances qui modifient les états de conscience.
Space day symposium (1977) : Crumb dresse dans ces pages une vision dénuée d’aménité de la conquête spatiale.
Frosty le bonhomme de neige et ses copains (1975) : Ces courtes histoires illustrent l’ambivalence de Crumb quant à l’engagement politique avec Frosty, qui fait l’apologie ambigüe de l’activisme révolutionnaire, et Débilos, qui incarne une certaine image de l’engagement radical de l’époque.
Déchets (1982) : Histoire initialement dessinée pour la revue écologique CoEvolution Quarterly, cette histoire qui se veut une constatation politique et écologique des conséquences provoqués par les déchets des populations occidentales a provoqué des réactions incendiaires des lecteurs outrés par le mauvais esprit de ces pages.


« Hy » perbole et Al E. Gory (1981) : Dans cette histoire en apparence sans queue ni tête, Crumb suit librement le déroulement de sa conscience en enchaînant les associations d’idées et les clichés de langage.
Pointons du doigt (1989) : Réquisitoire dirigé sur Donald Trump, prototype dans les années 80 du golden boy flamboyant à qui tout réussit. Cette histoire est marquée par une double fin typique de Crumb dans l’autodénigrement sardonique.
Academy awards (1992) : Commande de l’édition américaine de la revue Première, Crumb raconte son expérience aux Oscars.
Quand les nègres prendront le pouvoir en Amérique (1993)[b] et [b]Quand ces satanés Juifs prendront le pouvoir (1993) : Ces deux histoires constituent l’attaquent la plus frontale jamais dessinée par Crumb contre le racisme et les préjugés. Elles véhiculent tous les clichés racistes que les Américains expriment vis-à-vis des Noirs et des Juifs.

« Certains amis dessinateurs de Crumb (Art Spiegelman, Diane Noomin et Bill Griffith) ont brutalement mis en cause l’utilité d’une telle démarche, tandis qu’un groupuscule néo-nazi américain l’a pris pour argent comptant et s’est réjoui de compter le père de Fritz le chat dans ses rangs. »

Les gros méchants plein d’soupe prennent le pouvoir (1987) : Reprise du Gros Méchant plein de soupe crée en 1970 pour illustrer la frange la plus réactionnaire de la population américaine qu’il oppose à un président, figure de Jimmy Carter.

Partager cet article

Repost 0
Published by Colimasson - dans Bande dessinée
commenter cet article

commentaires