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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 09:27



Synopsis :



Intriguée par ce film qui promettait à la fois d’être « baroque », « excessif », « grandiloquent » et d’une violence « extrême », j’ai eu envie de me pencher sur le cas…
Le début du film correspond en effet à tous ces termes et s’ouvre sur un spectacle de cirque dont l’ambiance joyeuse est rapidement balayée par le souffle guerrier de l’Espagne franquiste. Au milieu d’une brume sombre et humide, Javier et son père le clown sont séparés et subissent individuellement leur destinée marquée par ces années de violence et de dictature. La folie règne sourdement au milieu des camps et les dernières paroles du père de Javier finiront par marquer son existence jusqu’à la fin de ses jours, se renforçant inévitablement au fil du temps.




On se retrouve ensuite quelques années plus tard, lorsque Javier, devenu clown à son tour, intègre une nouvelle compagnie de cirque. La violence semble avoir cessé d’être la norme, et l’on découvre en même temps que Javier ce paysage rempli de personnages excentriques, beaux et joyeux, émerveillement de l’enfant qu’il n’a pas pu être. Mais au milieu de cette cour féérique surgit à nouveau la violence et la folie en la personne du clown Sergio. Tout aurait pu se passer sans anicroche si ce clown et Javier n’avaient pas été épris de la même jeune femme. Evidemment, ce n’est pas le cas, et en amour comme pour le reste, il faut se battre pour conquérir. La violence de Sergio réveille celle de Javier, et à partir de ce moment-là, tout ne sera plus qu’une escalade vertigineuse de tortures, d’agressivité et de haine.
Malheureusement, le crescendo est tel qu’il atteint rapidement des sommets sur lesquels Alex de la Iglesia aura du mal à rester jusqu’à la fin du film, la dernière partie ne tenant qu’à une suite de brutalités qui rivalisent toutes de grossièreté. Plutôt lassant. La folie douce et amère a cédé place au pétage de câbles bien en règle des grosses productions hollywoodiennes, la seule originalité tenant au fait que le combat est mené par deux hommes déguisés en clown. Suffit-il d’un costume pour faire croire qu’il y a de la profondeur là où le spectateur ne voit qu’un défouloir épuisant ?


Extrait d’une interview d’Alex de la Iglesia où celui-ci s’explique sur ses références : link

Avec Balade Triste, vous signez votre film le plus ambitieux, marqué par la volonté de traduire les convulsions politiques d'un pays avec des références au cinéma fantastique, au burlesque et à votre propre parcours.
Exactement. Il n'est pas interdit d'assimiler les deux clowns à des groupes politiques qui se disputent l'amour d'une femme et donc le pouvoir d'un pays. Et Franco passe pour un clown. Derrière cette métaphore, j'avais envie de montrer la Guerre Civile comme une tragédie grotesque. C'est comme dans cette scène où un cascadeur demande, suite à un accident : «je vais bien?» et que personne n'ose lui répondre parce qu'il a deux jambes et deux bras en moins. L'influence des mélodrames fantastiques de Tod Browning est évidente. La mort du père dans la première partie fait référence à celle de Lon Chaney dans L'inconnu (1927). Cette scène m'a marqué plus jeune parce qu'il y avait une dimension sacrificielle hallucinante : le personnage se coupait les bras pour ne plus effrayer la femme qu'il aimait, traumatisée par les mains d'hommes. Symboliquement, le geste était bouleversant. Je pense aussi à un film comme Larmes de clown (Victor Sjöström, 1924). C'est comme chez Buster Keaton : on peut ricaner du personnage mais les situations auxquelles il est confronté sont dignes d'un film d'horreur.
Citation:
Dans l’enceinte d’un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu’à l’extérieur, les hommes s’entretuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Recruté de force par l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d’une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, Javier, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, Sergio. Les deux clowns vont alors s’affronter sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : Natalia.

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Published by Colimasson - dans Film
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