28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 13:25



Si j'aime et si je sers la belle de bon coeur

Devez-vous pour autant me considérer comme vil et sot?

Elle a en elle autant de biens qu'on peut le souhaiter.

Pour son amour je ceins bouclier et dague;

Quand viennent des gens, je cours et attrape un pot,

Je vais au vin, sans faire de bruit;

Je leur tends eau, fromage, pain et fruit.

S'ils paient bien, je leur dis: "bene stat;

Revenez ici, quand vous serez en rut,

Dans ce bordel où nous sommes établis."



Mais il y a grand déplaisir

Quand sans argent s'en vient coucher Margot;

Je ne peux la voir, mon coeur la hait à mort.

Je saisis ses habits, ceinture et surcot,

Et je lui jure que ça tiendra lieu d'écot.

Par les flancs se prend cet Antéchrist

Que ça ne se pssera pas comme ça. Alors j'empoigne un éclat de bois,

Sur son nez je lui fais une inscription,

Dans ce bordel où nous sommes établis.



Puis on fait la paix et elle fait un gros pet

Plus enflé qu'un bousier immonde.

En riant, elle me donne un coup de poing sur la tête,

Me dit "Go! go!", et me frappe la cuisse.

Tous deux ivres, nous dormons comme un sabot.

Et au réveil, quand son ventre fait du bruit,

Elle monte sur moi pour que je n'abîme pas son fruit.

Sous elle je geins, elle m'aplatit plus qu'une planche,

A paillarder elle me démolit complètement,

Dans ce bordel où nous sommes établis.



Vente, grêle, gèle, j'ai mon pain cuit.

Je suis paillard, la paillarde me suit.

Lequel vaut mieux? Nous sommes bien assortis.

L'un vaut l'autre; c'est à mauvais rat mauvais chat.

Ordure aimons, l'ordure nous poursuit;

Nous fuyons honneur, honneur nous fuit,

Dans ce bordel où nous sommes établis.




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George Grosz

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Published by Colimasson - dans Poésie
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