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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 15:40




Dans un tableau de Roelandt Savery, Noé remercie Dieu d’avoir sauvé la création, et nous nous joignons à lui pour honorer cette œuvre, source d’une diversité et d’une abondance de variétés dont l’être humain est loin d’avoir encore fait le tour.



Noé remercie Dieu d'avoir sauvé la création




L’exposition qui a eu lieu au Grand Palais de mars à juin 2012 a tenté de revenir sur certaines des grandes œuvres que la faune a inspirées aux artistes peintres et sculpteurs. Sans savoir de quelle façon était aménagée l’exposition en elle-même, le catalogue qui en laisse une trace suit quant à lui une évolution logique qui s’inscrit dans le déroulement chronologique de l’évolution du regard porté par l’homme sur l’animal.


Les premières œuvres datent du 16e siècle et reviennent sur les études nées des observations des animaux rencontrés les plus fréquemment dans la nature. Oiseaux, insectes, lièvre… Si la galerie des toiles présentées n’est pas d’inspiration plus ancienne, c’est parce que la représentation des animaux ne commence véritablement à prendre un nouveau tournant qu’à l’époque de la Renaissance, avec les progrès effectués dans les domaines de l’anatomie, de la médecine et de la technique picturale. L’humanisme, qui s’abreuve de savoir, considère l’observation comme point de départ de toute science ; ce qui n’était auparavant qu’un détail –un lièvre perdu dans la brousse- peut devenir un élément central de la représentation. Plus tard, le développement de nouvelles techniques, telle l’électro-photographie de Muybridge, permettra d’obtenir encore davantage de précisions dans la constitution morphologique d’animaux jusqu’alors considérés comme des outils de travail ou de prestige–le cheval en tête. Les animaux de ferme, utiles à la production, perdent peu à peu leur seule caractéristique instrumentale et deviennent à leur tour les éléments centraux de tableaux qui les magnifient jusqu’à la personnification (on peut penser à la « Tête de mouton » de Paulus Potter ou à la « Tête de bœuf » de Jan Asselijn). La notion d’animal de compagnie commence également à se profiler, avec son cortège de chiens et de chats.


Après ces animaux habituels, qui entourèrent l’homme de tout temps, les artistes commencèrent à s’intéresser aux animaux dont l’aura est entourée de préjugés négatifs : que l’on pense par exemple aux chauve-souris, aux crapauds ou aux araignées… Avec l’ouverture de nombreux zoos en région parisienne, c’est aussi la découverte d’animaux exotiques qui déchaînent les fantasmes dans un mélange de crainte et d’admiration. Il se crée un nouveau rapport entre l’homme et l’animal dans cette contemplation de l’un envers l’autre –autre que l’on a enfermé dans une cage après l’avoir ôté à son territoire naturel. L’animal exotique implanté de force dans des zoos permet une critique des instincts de possession de l’occidental –que l’on pense au « Rhinocéros » de Pietro Longhi ou à « L’ours blanc » de Gilles Aillaud.


La période contemporaine ne passe pas à la trappe de l’exposition et nous enseigne certainement, elle aussi, quelque chose d’un rapport entre l’homme et l’animal, comme ce fut le cas pour les siècles passés. En bénéficiant de toute la beauté animale et en les représentant dans des œuvres d’une grande force visuelle, les hommes semblent, encore une fois, ne pas pouvoir s’empêcher de parler d’eux-mêmes et de leur époque, et c’est ce qui explique sans doute la fascination que l’on éprouve en contemplant leur représentation…

 

 

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Published by Colimasson - dans Livre
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