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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 18:11





Blade Runner fait partie de ces grands films auxquels on ne peut pas échapper, qu’on le veuille ou non. Moi-même, je n’y ai d’ailleurs doublement pas échappé. Après l’avoir déjà vu une fois, il y a quelques années, je me suis rendue compte qu’il ne m’en restait aucun souvenir. Où avais-je donc la tête au moment de sa visualisation ? Est-il possible de regarder un « grand film » et de ne plus s’en souvenir ? Pour n’avoir plus aucun doute concernant l’état de ma mémoire, j’ai voulu le regarder une seconde fois. Conclusion : je comprends pourquoi il ne m’en restait rien.


Si Blade Runner est impressionnant, c’est essentiellement grâce aux décors et aux atmosphères que Ridley Scott met en place pour décrire le Los Angeles de 2019. La nuit perpétuelle qui semble régner entre en contraste avec les lumières artificielles des centres commerciaux et des automobiles spatiales ainsi qu’avec les lumières industrielles des usines à haut rendement énergétique. En bas, les piétons animent les rues d’une vie grouillante et indistincte.







Le mérite du scénario ne revient pas au réalisateur puisque Blade Runner est une adaptation de Philip K. Dick. Reste à lire ce dernier pour juger de la fidélité du film à l’égard du matériau de base, mais je doute que celle-ci ait été entière. Là où Philip K. Dick s’est certainement trituré l’esprit pour inventer un système retors aux implications prenant des dimensions métaphysiques, Ridley Scott se concentre essentiellement sur la trame dramatique. Son film n’est pas mauvais, mais il n’est pas bon non plus car une fois dépassé l’émerveillement qui résulte de la découverte de l’univers de Blade Runner, son film ressemble à n’importe quel autre film d’action avec flingues et course-poursuites.




Pas d’ennui, mais pas de frémissement ontologique non plus. Voilà pourquoi Blade Runner avait disparu de ma mémoire, contrairement aux souvenirs artificiels incorporés aux consciences des réplicants : il ressemble à n’importe quel autre film et, ce faisant, le voilà rangé dans l’anonymat de cette catégorie des « pas mauvais mais pas bons non plus ». Et ce n’est pas le petit final métaphorique à base de licorne, censé réveiller le spectateur endormi au dernier moment, qui viendra corriger la semi-lassitude éprouvée au cours du film. Il ne suffit pas d’une jolie pirouette pour s’attirer l’indulgence…

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Published by Colimasson - dans Film
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