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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 14:43






Malgré deux premiers volumes au format impressionnant, Polza reste toujours aussi mystérieux à son lecteur. Avec ce troisième épisode intitulé La tête de la première –rappelant le credo du père de Polza- peut-être en apprendra-t-on plus… ?


Coincé dans un bureau d’interrogatoire entre deux flics finalement plus compréhensifs que prévu –et aussi plus sympathiques car ils posent à Polza les mêmes questions que tout lecteur interrogatif est en droit de se poser-, le personnage phare de l’histoire est bien obligé d’en dévoiler à chaque fois davantage… Mais Manu Larcenet prend son temps pour distiller ses secrets. Il n’est visiblement pas pressé de nous révéler toute la vérité du passé de Polza d’un bloc –ni même en trois, d’ailleurs. Et il transmet son talent de conteur à son personnage principal, criminel envers lui-même –on découvrira avec force, dans ce volume, ses pulsions d’autodestruction- mais aussi criminel avec ses interrogateurs à qui il ne dévoile que des bribes d’informations là où la curiosité devient de plus en plus intolérable.






Il faut avoir aimé les deux volumes précédents de la série Blast pour aimer celui-ci. Dans leur lignée, La tête la première utilise les mêmes codes graphiques et les mêmes procédés de narration : on alterne entre la réalité de l’interrogatoire et les retours en arrière effectués lors des confessions de Polza. Celui-ci, en nous dévoilant une partie de son enfance et son internement en hôpital psychiatrique, confirmera son caractère solitaire et continuera à exprimer, sous des formes plus ou moins voilées, la souffrance qui est la sienne, et la violence qu’elle provoque en lui. Encore une fois, graphisme et propos s’accordent en toute vraisemblance, laissant place à l’éclat et à la couleur pour les « Blast » -étrangement, aussi, pour les épisodes de l’enfance de Polza. Moins misanthrope qu’il n’y paraît, Polza fera également l’aveu de son besoin de communion avec les autres et cet album nous permettra de faire la connaissance d’autres personnages intrigants.




Sur presque deux cent pages, on chemine avec Polza, au hasard des confessions qu’il souhaite bien accorder. Les indices se révèlent progressivement, mêlés à de nombreuses considérations qui densifient le récit et confèrent à la série Blast tout son intérêt. Hélas, ou tant mieux ? à la fin de ce volume, tout n’aura pas encore été dit… même si la curiosité crie famine, il est toujours possible de se réconforter en se disant que le voyage en compagnie de Polza n’est pas encore terminé…

Citation:


Un jour, dans une librairie de gare, j’ai feuilleté la presse masculine de charme… C’était… dégueulasse ! C’était rempli de tristes américaines aux seins abominablement bombardiers, implantés, difformes… des filles propres, lisses, semblant s’ennuyer au-delà de toute mesure... Et leur sexe… intégralement épilé !! Tu le crois, ça ?! Plus un poil sur le mulot ! La plus triste des traversées du désert ! Alors on met du désodorisant quand on chie, du parfum quand on pue, et maintenant, voilà qu’on vole leur toison aux femmes ? On en fait d’immondes petites filles difformes, des ersatz, d’ignobles contrefaçons ! Om sont les buissons affolants de mon adolescence ? Les touffes animales qu’il fallait fouiller, explorer, débroussailler frénétiquement… incomparable excitation… Hygiénistes de merde !! Le mystère leur fait peur !





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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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commentaires

Mo 19/12/2012 20:31

Je dirais "tant mieux" car cela justifie au moins un album ^^ Après, j'ai été surprise de l'utilisation de la couleur dans cet album... agréablement surprise. J'ai hate de lire la suite !!

Colimasson 20/12/2012 08:48



Oui, un peu plus de couleur ne m'a pas déplu ! Surtout lorsqu'elle est aussi bien utilisée...