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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 18:21





Les âmes poètes sont souvent bien difficiles à comprendre…
Toujours mélancoliques, regrettant des temps anciens où les prescriptions médicales prenaient la forme d’élixirs et de décoctions végétales, même engoncés au plus profond de leurs maux, les poètes louchent tristement sur les ordonnances des médecins du 21e siècle. Heureusement, Jean-Joseph Julaud se dresse contre la tyrannie de l’allopathie.


Marre d’avaler des pilules ? de recracher l’eau imbuvable des sachets de solutions en poudre ? Et si la guérison se trouvait à l’intérieur de nos plus chers amis –je veux bien entendu parler des livres ? Voici un exemple-type de prescription que pourrait vous faire ce cher docteur Jean-Joseph Julaud :


« 1) Contre l’insomnie : un Corbière (non, pas le vin, le poète !) chaque soir avant d’aller dormir.
2) Contre la constipation : des « Quatrains » de Péguy, une fois par jour, à lire dans les lieux qui conviennent.
3) Contre les inégalités d’humeur : « Baise m’encor » de Louise Labé, matin, midi et soir, pendant la nuit aussi, si le Corbière n’a pas fait d’effet. »



Nous remarquerons que la plupart des maux ciblés par ces remèdes poétiques sont d’ordre vaguement somatique : insomnie, constipation, inégalités d’humeur… sont de plus en plus considérés comme des troubles résultant de discordances psychiques et s’exprimant par voie corporelle. Puisque le mal émerge de l’esprit, les œuvres intellectuelles viendront le guérir ! Ne craignez pas de rencontrer Jean-Joseph Julaud : pas fataliste, il ne vous condamnera pas au trouble éternel dès la première consultation. Son esprit bon enfant se joue des mots et des idées reçues et, sachant certainement qu’un placebo est d’autant plus efficace que celui qui le reçoit en connaît parfaitement le prétendu « mode d’action », il accompagne ses prescriptions d’exemples et de recommandations préliminaires qui auront déjà l’avantage de redonner le rire au souffrant.


Il ne faudrait jamais prendre la poésie trop au sérieux car on passerait là à côté d’une source de satisfactions spirituelles –et donc physiques- d’un grand intérêt. En s’amusant à imaginer des mises en scène faisant de son lecteur un patient, le Docteur es lettres Jean-Joseph Julaud nous permet non seulement de faire la connaissance de quelques poèmes parmi les plus renommés de la littérature française, mais aussi de nous engager vis-à-vis d’eux dans une démarche légère et dansante –un remède que Nietzsche parmi tant d’autres n’aurait pas renié !


Un exemple parmi d'autres...


Citation:
Contre la surcharge pondérale : le régime minceur en poésie et en douceur

[…]

Pour le dîner, pendant ces deux semaines, procurez-vous, en édition de poche, Exil de Saint John Perse. Vous devez en lire chaque soir, avant le repas, un extrait, et le comprendre. Vous constaterez qu’il vous restera seulement le temps de préparer une petite salade avant d’aller dormir. Voici donc votre menu du soir :

Entrée : Saint John Perse
Plat principal : Salade
Pas de dessert (pas le temps !)

Voici à titre d’exemple, un extrait d’Exil :

« Relations faites à l’Edile ; confessions faites à nos portes… Tue-moi, bonheur !
Une langue nouvelle de toutes parts offerte ! une fraîcheur d’haleine par le monde
Comme le souffle même de l’esprit, comme la chose même proférée,
A même l’être son essence ; à même la source sa naissance :
Ha ! toute l’affusion du dieu salubre sur nos faces, et telle brise en fleur
Au fil de l’herbe bleuissante, qui devance le pas des plus lointaines dissidences ! »




Comment interpréter Rimbaud en version test de dépistage pour Alzheimer ?

Citation:
Vous rappelez-vous le prénom d’Alzheimer ? Non ? Eh bien, méfiez-vous, c’est comme ça que ça commence…
Mais n’exagérons rien, si votre mémoire est défaillante, vous n’en êtes peut-être pas encore là.

Afin de vous en assurer, nous vous proposons d’effectuer un petit examen clinique et poétique indolore : il s’agit de vous faire poser quelques questions que Paul Verlaine posa lui-même à une personne qui lui était chère : celle-ci, manifestement, souffrait de la maladie d’Alzheimer à un stade déjà avancé puisque l’amnésie caractéristique de cette affection semble totale dans le poème où se trouve relaté cet interrogatoire.

Les questions sont les suivantes : « Te souvient-il de notre extase ancienne ? » et : « Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ? Toujours vois-tu mon âme en rêve ? » Elles devront vous être posées par voter conjointe ou concubine, et par celle de vos maîtresses qui a le plus d’ancienneté.

[…]

Notre conseil : si vous êtes célibataire depuis toujours, vous pouvez effectuer sur vous-même cet examen clinique, mais vous ne vous poserez alors que la question : « Te souvient-il de notre extase ancienne ? »


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Published by Colimasson - dans Livre
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commentaires

microneedle skin roller reviews 25/08/2014 14:12

Most of the times we find a difficulty in understanding the soul of the poet. We see his work is a different way even though we enjoy reading it. Poésiethérapie Manual by Jean-Joseph Julaud tells us all the related details.