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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 14:56






Lorsque l’on ouvre la première page et que l’on lit, d’entrée de jeu, cette anecdote signée de Konami Kanata :




« J’adore le football. J’ai récemment acheté un maillot de Kashiwagi, joueur des Urawa Reds, que j’ai suspendu dans mon atelier. »




…on se dit que, ça y est, ce qu’on présageait depuis quelques tomes déjà est en train de se produire : Konami Kanata sèche complètement ; Elle ne sait plus quoi raconter et se détourne de sa perte d’inspiration comme si de rien n’était, en se mettant à nous baratiner avec des histoires de footballeur qui sont à mille lieues de Chi et de son univers.
Et pourtant…






Le miracle se révèle petit à petit. On a d’abord du mal à y croire : il faut dire que Konami Kanata débute son 9e tome en nous lançant sur une fausse piste et en calant un intermède inutile nous présentant Chi engoncée dans une collerette –épisode qui semble n’avoir pour seul intérêt que celui de permettre à la pauvre bestiole de s’humilier dans une valse de pitreries. Mais ensuite, un véritable fil conducteur se met en place et relie pour une fois les différents chapitres du volume. Alors que les précédents tomes se constituaient à l’image de boules à facettes –chapitres décousus et absence de thématique qui rendaient les histoires de Chi insipides-, celui-ci offre une véritable cohésion. Et que de suspens… Chi, malgré son interdiction de sortie, réussira-t-elle à braver les obstacles que ses maîtres dressent entre elle et le monde extérieur ? Arrivera-t-elle à retrouver son compagnon de jeu Minou et à se faire une place dans la réalité cruelle des matous de rue ? Oui, bon, d’accord… il y a plus palpitant comme intrigue mais par rapport à ce que Chi a pu vivre dans le passé, on atteint ici les sommets du dramatique. Les adeptes de la spéculation cérébrale y trouveront également leur compte et pourront se pencher sur la définition philosophique de la liberté, telle que Chi et son compagnon Minou tentent de la cerner entre deux gamelles raclées au coin d’une rue :


- Il faut faire quoi pour être libre ?
- D’abord, s’occuper de la bouffe.



Oui, car, qu’on ne s’y méprenne pas, Chi est à l’image de ses plus jeunes lecteurs, et Konami Kanata dissimule ici une véritable leçon de morale : pourquoi vouloir se confronter précipitamment à la dure réalité du monde extérieur ? Il est tellement plus doux et plus confortable de pouvoir dormir au chaud chez soi et de se faire porter sa gamelle devant sa gueule pour becqueter des boulettes en boîte ! A moins que l’on ne préfère aller grailler au KFC… car, comme nous le précise en conclusion Konami Kanata –visiblement adepte des anecdotes qui tombent à plat- :


« Vous savez quoi ? Chi a été choisie pour une opération marketing de KFC en Chine du 26 décembre 2011 au 18 janvier 2012. Pour un menu acheté parmi les menus A, B et C, un strap parmi quatre disponibles était offert. La pub passait à la télé, un homme est même venu plusieurs fois acheter un menu en expliquant qu’il voulait offrir tous les straps à sa copine et qu’il lui en manquait encore un. La campagne a remporté un franc succès ! Il paraît que les straps ont été fabriqués à cinq millions d’exemplaires pièce ! »




De quoi détruire un peu l’auréole de magie et d’innocence qui entourait cette brave Chi…


L'intermède inutile et débile de la collerette :




Les joies du jeu...




L'art de la séduction en terrain hostile...

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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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