Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:12



Résumé éditeur :
Citation:
Ouvrage synthétique et pédagogique, les 'Cinq leçons sur la psychanalyse' retracent les origines de la psychanalyse et exposent les grands traits de la méthode. Freud y explique l'hystérie, le refoulement et la résistance ainsi que l'interprétation des rêves. Focalisant sur les actes manqués ou autres célèbres lapsus, le maître éclaire la sexualité infantile et s'interroge sur la libido à travers le complexe d'OEdipe. Enfin, la névrose illustre la régression, le transfert et la sublimation.


Rien de tel que ces cinq leçons pour s'initier à la psychanalyse de Freud... On apprend à travers ses discours l'origine de la psychanalyse avec Breuer et ses premières applications de l'hypnose sur les hystériques (les hystériques représentaient alors toutes les personnes atteintes de troubles mentaux : c'était simple et radical), le passage de l'hypnose à la méthode psychanalytique tant connue et les définitions des différents concepts de la psychanalyse.

Freud nous explique ce qu'est une névrose...

« Les névroses sont aux perversions ce que le négatif est au positif ; en elles se retrouvent, comme soutiens des complexes et artisans des symptômes, les mêmes composantes instinctives que dans les perversions ; mais ici, elles agissent du fond de l’inconscient ; elles ont donc subi un refoulent, mais on pu, malgré lui, s’affirmer dans l’inconscient. »

... le processus de la sublimation :

« Les tendances qui composent l’instinct sexuel se caractérisent précisément par cette aptitude à la sublimation : à leur fin sexuelle se substitue un objectif plus élevé et de plus grande valeur sociale. C’est à l’enrichissement psychique résultant de ce processus de sublimation, que sont dues les plus nobles acquisitions de l’esprit humain. »

Il revient sur les critiques qui lui ont été maintes fois adressées à l'égard de l'utilisation quelque peu excessive du terme de sexualité :

« Peut-être me fera-t-on l’objection que tout cela n’est pas de la sexualité. J’emploie le mot dans un sens beaucoup plus large que l’usage ne le réclame, soit. Mais la question est de savoir si ce n’est pas l’usage qui l’emploie dans un sens beaucoup trop étroit, en le limitant au domaine de la reproduction. »

Très intéressant aussi, Freud avance des théories que je trouve absolument pertinentes concernant la cause de l'apparition des névroses et la cause des difficultés qu'éprouve le patient lorsqu'il doit s'en guérir :

« Nous voyons que les hommes tombent malades quand, par suite d’obstacles extérieurs ou d’une adaptation insuffisante, la satisfaction de leurs besoins érotiques leur est refusée dans la réalité. Nous voyons alors qu’ils se réfugient dans la maladie, afin de pouvoir, grâce à elle, obtenir les plaisirs que la vie leur refuse. […] Ajoutons que la résistance de nos malades à se guérir ne relève pas d’une cause simple, mais de plusieurs motifs. Ce n’est pas seulement le « moi » du malade qui se refuse énergiquement à abandonner des refoulements qui l’aident à se soustraire à ses dispositions originelles ; mais les instincts sexuels eux-mêmes ne tiennent nullement à renoncer à la satisfaction que leur procure le substitut fabriqué par la maladie, et tant qu’ils ignorent si la réalité leur fournira quelque chose de meilleur. »

Mais je ne vais pas vous dévoiler toutes les idées qui sont exposées dans ces cinq leçons... Elles sont nombreuses mais exprimées d'une manière simple et compréhensible par le plus grand nombre. Une très bonne manière donc de s'initier à la pensée de Freud.
Autre atout de la prose de Freud : elle est très littéraire et s'accompagne souvent d'images fortes à la limite de la poésie. Je ne peux pas résister à vous fournir un petit exemple... dentsblanches

Freud cherchant à définir les hystériques et névrosés :

« Nous pouvons grosso modo résumer tout ce qui précède dans la formule suivante : les hystériques souffrent de réminiscences. Leurs symptômes sont les résidus et les symboles de certains évènements (traumatiques). Symboles commémoratifs, à vrai dire. Une comparaison nous fera saisir ce qu’il faut entendre par là. Les monuments dont nous ornons nos grandes villes sont des symboles commémoratifs du même genre. Ainsi, à Londres, vous trouverez, devant une des plus grandes gares de la ville, une colonne gothique richement décorée : Charing Cross. […] Ces monuments sont des « symboles commémoratifs » comme les symptômes hystériques. La comparaison est donc soutenable jusque-là. Mais que diriez-vous d’un habitant de Londres qui, aujourd’hui encore, s’arrêterait mélancoliquement devant le monument du convoi funèbre de la reine Eléonore, au lieu de s’occuper de ses affaires avec la hâte qu’exigent les conditions modernes du travail, ou de se réjouir de la jeune et charmante reine qui captive aujourd’hui son propre cœur ? Ou d’un autre qui pleurerait devant « le monument » la destruction de la ville de ses pères, alors que cette ville est depuis longtemps sortie de ses cendres et brille aujourd’hui d’un éclat plus vif encore que jadis ? Les hystériques et autres névrosés se comportement comme les deux Londoniens de notre exemple invraisemblable. »

N'est-ce pas tendre et touchant ? What a Face

Si vous souhaitez vous lancer dans la lecture de Freud, n'hésitez-pas, commencez par ce bouquin !
Partager cet article
Repost0

commentaires

ggiselle 22/04/2011 13:02


bonjour!
je suis de votre opinion ; dans cet ouvrage, Freud a été très explicite. Ayant le désir de faire de la vulgarisation scientifique avec la volonté de se faire comprendre de tous, il a su se mettre à
notre portée et nous l'avons compris.