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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 20:59
 




Cet album, qui a reçu le Fauve d’or d’Angoulême 2011, laisse tout d’abord songeur.

Au niveau du dessin, rien à redire. Les aquarelles, dont les tons dominants varient en fonction de chaque tableau, apportent un cachet indubitable à l’album. Elles relèvent à la fois le bonheur flou des passages les plus tendres, mais aussi la nostalgie des moments moins réjouissants.

Pour ce qui est de l’histoire, il faut la poursuivre jusqu’au bout pour l’apprécier à sa juste valeur.
Aux premières pages de l’album, elle ne semble pas très éblouissante voire même plutôt banale. Il s’agit d’une histoire d’amour mettant en jeu deux amis, Piero et Luca, attirés par leur nouvelle voisine, Lucia. Le jeu amoureux se construit peu à peu, on semble en deviner l’issue et là… Coupure dans le scénario !
On se retrouve ensuite quelques années plus tard. Lucia, qui avait entamé une histoire avec Piero entre temps, part en Scandinavie et intègre sa famille d’accueil. Charmée par cette nouvelle terre, elle décide de mettre fin à sa relation avec Piero. Lucia semble vouloir repartir de zéro : nouvelle famille, nouveau pays, nouvel ami… Le bonheur ! Pendant ce temps, Piero se tourne vers sa passion, la fouille archéologique, et part en Egypte pour s’y adonner pleinement.

Nouvelle coupure dans le scénario. Dans la partie suivante, nous retrouvons Lucia et Piero avec quelques bonnes années de plus. Leur vie est déjà bien entamée, et ils se retrouvent un peu maladroitement pour discuter et faire le point sur ce qu’est devenue leur vie.
Tout larmoiement inutile est évité dans ces scènes. Nous nous retrouvons simplement devant deux adultes un peu amers qui évoquent les choix qu’ils ont fait au cours de leur existence et qui, grisés par la liberté qui leur semblait offerte dans leur jeunesse, semblent s’être trompés de chemin.

Malgré la légèreté de ton, cet album n’est pas gai du tout.
Son propos me semble très actuel. Croyant que l’herbe est plus verte chez le voisin, et exaltés par des valeurs individualistes prônant à chacun de se réaliser au détriment de toute attache culturelle ou sentimentale, les personnages de cet album semblent être passés à côté de leur propre vie.

« Hassan me dit souvent que je devrais retourner à la maison. Je lui réponds que je me sens libre ici. Que je suis heureux. Vous savez ce qu’il me répond ? Que ce n’est pas une question de liberté ou de bonheur mais de faire le bon choix. »

Citation:
« Je voulais parler du sentiment des gens qui voyagent beaucoup : celui de ne plus appartenir à aucun endroit ».

Manuele Fior

Quelques planches de l’album…




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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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