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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 21:54




Quel dommage de ne pas pouvoir reprocher à ce film d’évoquer uniquement la vie sentimentale de « Coco » sans tenir compte, ou si peu, de l’élaboration de sa stylistique singulière... Le spectateur avait été prévenu : ici, on nous présente Coco avant Chanel. Pas pendant, ni après, non. Comme s’il n’y avait jamais eu un peu de Chanel dans la petite Coco rescapée de l’orphelinat.


Donc, de création, il en sera à peine question. On verra bien Coco chanter et danser dans des cabarets et y prendre un grand plaisir, comprenant par là qu’elle aurait davantage rêvé de jouer sur scène plutôt que de coudre des robes et des chapeaux, et son jeu d’aiguilles sera uniquement réduit au cadre d’un gagne-pain laborieux qui nous montre une Gabrielle austère et revêche.
Bien sûr, son style novateur se retrouve déjà dans son impudence à porter des robes sans corsets et des chapeaux sans froufrous à une époque où les femmes s’évanouissaient de trop forcer sur leurs corsets ! Ainsi, Gabrielle déambule dans des sacs à patates et critique avec rancœur toutes les dindes qui se dissimulent sous des chapeaux trop lourds pour leur tête. On est un peu surpris par tant de virulence. Pourtant, on ne devrait pas : le comportement et les goûts de Coco s’expliquent par l’enfance qu’elle a passée dans un orphelinat austère. Paraîtrait que cela a nourri son goût pour la sobriété… Mouais… Dans ce cas, pourquoi n’y a-t-il pas eu des milliers de Coco Chanel ?



Finalement, il semblerait que les histoires d’amour de Coco soient plus intéressantes que l’histoire de ses créations. Anne Fontaine insiste donc lourdement sur le refus de la jeune fille à être aimée et traduit cette résistance comme le signe d’une indépendance et d’une liberté folles (on dirait aujourd’hui qu’il s’agit d’une névrose). Elle nous transforme une histoire d’amour à deux balles avec son Boy Capel en symbole d’une grande passion libérée qui ne s’embarrasse pas des conventions du mariage. Pourtant, il semblerait que derrière les grands mots de « liberté », « autonomie » et « indépendance » se cache plutôt une réalité subie par Coco qui ne choisit rien dans ses relations avec autrui. Tout le temps, elle se soumet pour des raisons financières ou matérielles. On préfère toutefois nous faire croire que Coco n’effectue que des choix rationnels et intègres. Ô magie des mots.

L’histoire sans relief nous présente des dialogues creux et sans surprises. Le rythme diminue sans cesse jusqu’à ce que la fin se matérialise avec le premier défilé organisé par Coco Chanel. Glauque au possible, il nous présente des mannequins aux allures du 21e siècle dans une déambulation aussi triste qu’une cérémonie mortuaire. Surtout, on ne comprend pas l’aboutissement d’un tel défilé. Deux minutes auparavant, Coco continuait encore de fabriquer des petits chapeaux dans sa boutique, et la voilà propulsée aux plus hauts sommets. A en croire Anne Fontaine, le message du film serait le suivant : Chanel ne mérite pas que l’on s’y intéresse, observons plutôt Coco. Dommage car là encore, l’échec est cuisant…

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Published by Colimasson - dans Film
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commentaires

pregnancy symptoms 09/09/2014 14:50

The movie showing Coco and her life is a very rare breed of movie and really liked this variety. I think most of the critics have accepted their defeat because there is nothing to criticize about this one particular movie and that’s the life of Coco.