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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 19:47




Est-ce l’histoire d’un bégaiement qui ferait se dédoubler une seule et même personne, ou est-ce l’irruption impromptue d’une tierce personne dans ce petit couple bourgeois, qui donne au titre de leurs aventures cette composante triplée là où l’on s’attendrait plus décemment à un romantique Coco et Toto ?


L’œuvre est courte et composée de petits chapitres indépendants. Avec un peu de volonté et d’imagination, on pourrait les lier les uns aux autres et retracer le parcours de la formation de ce couple. L’exercice nécessite un peu de souplesse mais fait également ses preuves.


Après s’être gentiment moqué des employés de l’administration dans Messieurs les ronds-de-cuir, Georges Courteline tourne ici en dérision ce petit couple bourgeois qui se taquine gentiment dans la chaumière… Il est question de choux, de galeries d’art ou d’enfant aux mains palmées. Sur le programme, ces perspectives ont l’air follement appétissantes et on imagine déjà du fantastique bien touillé, dissimulant une subtile critique assénée avec un brin de cynisme. En réalité, comme l’écrira Georges Courteline à propos des dialogues tenus par ses personnages : « c’était assez spirituel, comme vous pouvez voir ! Oh, je ne dis pas que ce fût à se rouler, naturellement !... mais enfin, c’était gentillet, c’était drôlet, quoi ! »


Voici tout résumé le programme des aventures de Coco, Coco et Toto. Leurs noms mignons, leurs petites querelles bouffonnes et leurs échanges de haute volée nous font sourire, prenant parfois le risque de nous lasser avant même d’être achevées, mais échappant de justesse à cette condamnation grâce à la bonhommie de Georges Courteline. Il s’agit ici de virevolter gentiment d’une page à l’autre sans prétention et de se dire que le jour où Coco, Coco et Toto se fâcheront vraiment, ce ne sera pas à cause de Courteline.


Un petit exemple de cet humour cocotoesque :

Citation:
De la pâle ruelle du lit où il s’étirait frileusement en attendant que l’heure sonnât de se lever pour le travail :
- Chou ! cria Monsieur à Madame allongée à son côté, puisque tu as fini de le lire, passe-moi donc le journal, que je voie les nouvelles.
- Non ! répondit sèchement Madame. Les choux ne sont pas faits pour passer les journaux.



Surprised

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Published by Colimasson - dans Livre
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