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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 15:16



Un film de plus sur les vampires, un ! C’est la période, il faut en profiter. Aucune ne sera plus propice à l’acquisition d’une solide culture vampiresque que celle-ci. Du vampire à toutes les sauces chaque semaine, même si les sauces se ressemblent parfois un peu trop.

Le début de Dark Shadows nous ramène vers le passé, temps d’un romantisme exacerbé à base de châteaux gothiques, de falaises abruptes, de brouillard et de sorcellerie… En dix minutes, le prologue, clicheteux à outrance, est bouclé. Cette blague permettait seulement de rappeler les bases et les fondamentaux des histoires d’amour contrariées mâtinées de fantastique et de mauvais sort. Ensuite, place à Burton… Que va-t-il rajouter à ce socle d’originalité minimale pour ébouriffer les sens de ses spectateurs les plus (ou moins) dévoués ?

Eh bien le pauvre gosse du prologue, enterré vampire au 16e siècle, trouve enfin une occasion de s’échapper de son cercueil quelques siècles plus tard, aux alentours des années 1970. La découverte du Nouveau Monde est prétexte à quelques cocasseries dans lesquelles on retrouve bien l’humour particulier de Tim Burton. La grandiloquence est tournée en dérision, quelques effets de surprise se succèdent, et le décalage entre l’antique vampire et les Etats-Unis du 20e siècle prête à sourire, même si certaines blagues fadasses sentent le réchauffé.




L’intérêt est relancé lorsque Barnabas le vampire intègre la génération nouvelle de sa famille, les Collins. Les difficultés de l’intégration du vampire sont éludées rapidement et c’est tant mieux. Il est bien plus intéressant dedécouvrir comment Barnabas acceptera et remédiera à la dégradation de sa lignée. Un peu d’abattement mais aussi une grande volonté le pousseront à lui redonner le prestige qu’elle avait connu de son vivant.



Hélas, les siècles se suivent et se ressemblent. Surtout lorsqu’il est question d’amour. Au 20e siècle, Barnabas retrouve Angélique Bouchard, la sorcière-vampire qui l’avait envoyée au fond du cercueil quatre siècles auparavant. Et parce qu’elle n’est jamais la favorite de Barnabas, en plus d’être jalouse, elle envahit l’écran avec ses caprices de femme fatale. On comprend bien l’intérêt de sa présence à mesure que les minutes passent. Sans elle, tout serait trop simple et Barnabas réussirait en deux-deux à relever la situation de la famille Collins. Heureusement, la vilaine sorcière vient lui mettre des bâtons dans les roues. Les techniques et ruses qu’elle déploie dans ce sens confèrent tout d’abord un certain intérêt au film, mais la surenchère semble ne jamais devoir se terminer et toute la dernière partie du film n’est qu’un grossier enchaînement de luttes, d’explosion, de destruction et d’effets spéciaux grandiloquents mais sans surprise. Dans ces affrontements manichéens, toute l’originalité relative de la première partie du film disparaît. On sait déjà qui va gagner la gueguerre, et les personnages se conforment aux stéréotypes habituels des bons et des méchants. Ainsi, si Dark Shadows fait s’affronter le bien et le mal, le passé et le présent, la malédiction et la possibilité de s’affranchir de ses dettes, il est aussi représentatif d’une lutte certaine de Tim Burton entre inventivité et conformité crasse.

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Published by Colimasson - dans Film
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