Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:38





Lorsqu’une série de meurtre s’enchaîne en peu de temps dans un lieu communautaire tel que le Familistère de Godin, l’attention des journalistes et la paranoïa des ouvriers s’éveille... Pour les premiers, une telle affaire représente la possibilité de mettre à jour une organisation criminelle d’un type unique en son genre ; pour les seconds, la série de meurtres sera à l’origine d’un sentiment de malaise diffus, intense, propice à la suspicion et à la méfiance. Dans les deux cas, les espoirs et les appréhensions liés au Familistère s’exacerbent. Ceux qui n’avaient jamais cru qu’une telle communauté pouvait fonctionner s’en gargarisent, et les autres défendent le Familistère contre la folie éternelle de quelques criminels sans vergogne.



L’histoire se passe entre 1911 et 1914, à la veille de la Première Guerre Mondiale. Hautière et François s’inspirent de faits réels qu’ils transposent à travers un graphisme sombre et des traits flous qui conviennent bien à l’atmosphère du début du siècle dernier. Ils privilégient une mise en scène cinématographique qui s’attache beaucoup à présenter les faits dans leur dynamisme et à capter les émotions des personnages dans leurs mouvements. L’histoire progresse de manière linéaire, toutefois, et avec beaucoup moins d’intensité que la réalisation graphique en elle-même.





Le scénario ne cherche pas à comprendre quels rouages internes du fonctionnement du Familistère ont pu provoquer cette série de meurtres particulière –ni même, d’ailleurs, à chercher s’il y en a. Le lecteur se situe au même niveau d’ignorance que les personnages et, concision oblige, il se trouve balloté d’une piste à l’autre sans ménagement et ne trouve aucun instant qui permettrait à sa réflexion de s’élaborer. Un panorama trop rapide des personnages est dressé, qui ne laisse le temps de s’attacher à aucun en particulier. Tant bien que mal, parvenu au dénouement de l’affaire, il est difficile de s’enticher des implications de la conclusion. Hautière et François nous expliquent pourquoi l’affaire criminelle qu’ils ont choisi de traiter dans leur album De Briques et de Sang a fait si peu parler d’elle : balayée par la Première Guerre Mondiale, ses morts paraissaient ridicule en regard de ceux provoqués par le conflit. Malgré quelques informations intéressantes qu’il sera possible de glaner concernant le Familistère, ce n’est malheureusement pas cet album qui nous fera adopter un point de vue contraire à cette indifférence généralisée… A nouveau, les morts de la communauté de Godin risquent de tomber dans l’oubli…





Citation:
Mais voyons, Rudolf, une grève ouvrière n’a de sens que si elle s’oppose au patronat. Le patronat, ici, c’est nous ! Nous n’allons quand même pas nous opposer à nous-mêmes !




Ecoutez toujours votre femme...



_________________

Partager cet article

Repost 0
Published by Colimasson - dans Bande dessinée
commenter cet article

commentaires