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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 16:18






Jean-Michel Espitallier a bénéficié d’une pré-célébrité d’homme de lettres pour se retirer une année dans une résidence d’écrivains afin de rédiger une variation autour De la célébrité. Le genre prend ici de nouvelles allures et cherche à allier le fond et la forme dans la direction que toute célébrité se doit de suivre : celle de l’innovation. Cela peut avoir du bon lorsque les nouveautés sont justifiées ; mais cela peut également sentir le surfait lorsque la nécessité du changement semble avoir exigé de vaines heures de réflexion.


Jean-Michel Espitallier se glisse dans la peau de ceux qui font rêver les anonymes en se parant comme eux de clinquant et de palpitant –le sujet à lui seul, celui de la célébrité, suffit à faire frémir les instincts les plus profondément enfouis des austères lecteurs que nous sommes. Il nous propose ainsi une lecture qui n’a rien de linéaire et qui séduira les pupilles assoupies. Empruntant aux codes des média de masse, Jean-Michel Espitallier renouvelle la forme écrite en jouant sur les caractères typographiques, la lettrine, la mise en page et la forme courte. Les chapitres, très brefs, nouent leur cohérence autour d’un sujet simple, mais également simplificateur. Les questions ont beau être basiques –quelle est la différence entre la célébrité et l’anonyme ? pourquoi certaines professions sont-elles des viviers à célébrités tandis que d’autres semblent préférer le silence et la réclusion ? pourquoi cherche-t-on à savoir absolument tout de la vie des célébrités ? … et autres interrogations métaphysiques-, rien n’aurait pu empêcher Jean-Michel Espitallier de faire preuve d’un peu de fantaisie et d’introduire un point de vue original. Malheureusement, il n’en est rien. Comme s’il semblait vouloir se fondre à son tour dans la masse des anonymes, il adopte le point de vue général et le traduit de la manière la plus impersonnelle qu’il soit. Idées populaires, jamais développées, phrases simples qui révèlent une absence de réflexion mais la volonté de se faire le porte-parole d’une majorité que l’on n’entend ni ne voit jamais à la télévision ou dans les journaux. A quoi cela peut-il bien nous mener d’apprendre que « l’anonyme ne fréquente que des anonymes tout comme la célébrité ne fréquente que des célébrités » ? Jean-Michel Espitallier fait illusion comme une étoile filante. Je vais vous apprendre quelque chose de fou ! nous promet-il, et puis il nous abandonne à des définitions tautologiques puisées à même le Petit Robert.


De la célébrité est un beau produit vendeur qui échoue et triomphe à la fois : en proposant un bel emballage qui ne tient pas ses promesses à son lecteur, ne se montre-t-il pas aussi habile que ces célébrités qui font parler d’elles plus qu’elles ne le méritent ?



Pieter Henket


Alors qu’elle est en prison, Lindsay Lohan fait la couv de deux magazines de mode.
Oops !, août 2010




Tout ce que vous n'aviez jamais osé penser sur Zidane !

Citation:
Il n’est pas toujours facile de déterminer si c’est le nom qui transcende la personnalité ou le contraire. Prenons Zinedine Zidane. Un prodige onomastique. Double z exotique et peu commune double homophonie (Zi/Zi – dine/dane). Dine-dane chantonne dans la bonne humeur (France tranquille, intégrante, n’est pas sans évoquer « Dim, dam, dom », la sympathique émission de variétés des années de Gaulle) et ZZ (équivalent phonétique de la petite bûche attachée à la scie) n’a rien du bruit que font les héros de BD quand ils roupillent. On ne dira jamais assez que le plus extraordinaire chez Zinedine Zidane, c’est d’abord son nom, ce petit convoi élégamment phonétique qui chante les louanges de l’intéressé et de tout ce qu’il représente, zz, flèche ailée de Zénon d’Elée coupant l’air en sifflant, et pour l’éternité. Zinedine Zidane, j’y crois parce que c’est absurde.





Bedrich Grunzweig



De bonnes paroles s'infiltrent entre les considérations plus basiques de l'auteur :


Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique.
André Breton


Acteur, on se cherche soi-même, comme on cherche à combler les aspirations de tous ceux qui ont moins de courage que soi, en sachant qu’échouer dans sa propre quête revient à trahir tout le monde.
Greil Marcus


En Amérique, on ne pourra plus éluder longtemps la question de savoir si l’idée de culture avec laquelle on a grandi est devenue obsolète.

Adorno

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Published by Colimasson - dans Livre
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