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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 14:59



Quelle entrée en matière flamboyante ! Delicatessen a l’art de ne pas tourner autour du pot et de déployer immédiatement le charme de son atmosphère bien à lui. Dans des vapeurs orangées et marronnasses plutôt glauques, on a l’impression de découvrir un microcosme isolé du passé. A travers le regard du spectateur habitué aux images lisses et propres, les scènes se chargent de kitsch et de grotesque.


Ainsi, Delicatessen démarre de plein fouet et aligne les unes à la suite des autres des scènes exquises au sein desquelles s’animent les habitants d’un même hôtel. Ceux-ci ont l’air anodin et semblent mener une vie tranquille : Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro les rend déjantés en glissant en chacun d’eux le détail qui saura révéler leur caractère atypique.


Une fois les présentations faites, après cet apéritif alléchant qui laisse présager du meilleur, le soufflé retombe. Les besoins impérieux d’un scénario qui sache combler les exigences dramatiques supposées du spectateur plombent la deuxième partie du film. En continuant à faire dans le loufoque, Delicatessen part dans tous les sens dans une surenchère qui finira par éveiller l’ennui plutôt que l’intérêt. On a l’impression d’assister à un défilé de private jokes qui relèveraient plutôt de la complicité des acteurs et des réalisateurs entre eux que de l’envie d’intéresser le spectateur. Il en résulte une énergie bouillonnante à l’écran, mais à laquelle il est difficile de se sentir convié et qui laisse à l’écart de la plupart des évènements qui ébranleront la vie à l’intérieur de Delicatessen.


Delicatessen est un superbe tableau mobile, qui charme à l’instant de sa découverte mais qui n’est pas suffisamment captivant pour maintenir l’attention pendant plus d’une heure et demie. Il n’en résulte qu’une brume faite de quelques belles scènes vaporeuses…

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Published by Colimasson - dans Film
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