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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 19:24






Earthlings est un documentaire qui a nécessité plus de cinq années d’investigation pour aboutir à cette grande cette grande collecte de vidéos qu’il nous présente. Il est disponible gratuitement et peut être visualisé en français avec des sous-titres de diverses qualités :




Earthlings n’a qu’un seul objectif : énumérer la liste des pratiques qui contribuent à dégénérer le rapport liant les hommes aux autres animaux. Il part d’un postulat de base rejetant tout spécisme, au même titre que le sexisme ou que le machisme. Les cinq grandes parties de ce documentaire sont les suivantes :


1- PETS : Il s’agit peut-être de la partie la plus discutable et c’est dommage parce qu’elle introduit justement le documentaire. Shaun Monson ne condamne pas la domestication à proprement parler (quoique…) mais dénonce les dérives d’une insouciance proprement humaine qui consiste à considérer l’animal avant tout comme un objet de divertissement et de consommation. Partant de là, l’animal pourrait être détruit ou abandonné dès lors qu’il ne répond plus aux exigences de son propriétaire. Cette dernière notion est elle-même discutée : comment un être vivant pourrait-il appartenir à un autre être vivant ? Malheureusement avec la domestication, le discours devient rapidement trop extrémiste : Shaun Monson souhaiterait presque délivrer les animaux de ces chaînes qui entravent l’homme lui-même (le devoir, la servilité, l’obéissance…) et s’en prend à des cas particuliers lorsque c’est tout un système qu’il faudrait revoir.



2- FOOD : L’argumentation la plus efficace dans ce domaine se passe de mots. Shaun Monson aligne les vidéos les plus sanglantes et cruelles qu’il a pu recueillir au cours de ses années d’investigation. On pourra toujours amoindrir la portée de ces images en stipulant qu’il s’agit de cas d’exception (mais en réalité, personne n’en sait rien, et Shaun Monson est sans doute mieux placé que la plupart d’entre nous pour savoir de quoi il parle) mais une chose est certaine : si ces images ont été filmées, c’est qu’elles ont existé.



3- CLOTHING : Tout est utilisé dans la bête qu’on tue ? Que nenni. Où l’on découvrira que les animaux que l’on tue pour notre consommation alimentaire ne sont pas les mêmes que ceux que l’on abat pour notre habillement. Encore une fois, les images montrent les pratiques barbares des pays principaux fournisseurs de peaux de bêtes (l’Inde par exemple). Après la folie provoquée par la réclusion dans des cages, succède la mort par choc électrique sous forme de sonde anale ou par écorchage à vif, ce que les grandes chaînes de magasins de mode essaient de nous faire oublier dans l’ambiance feutrée de leurs locaux.



4- ENTERTAINMENT : Corrida, chasse, zoos, cirques… même combat. Non seulement les affrontements ne sont pas équitables (on apprendra que les taureaux utilisés pour la corrida sont gavés de calmants ou enfermés dans l’obscurité pendant 48h afin d’être aveuglés au moment de sortir dans l’arène) mais ils ne peuvent se conclure autrement qu’en provoquant la mort d’un des participants (plus souvent l’animal que l’homme, bien entendu).


5- SCIENCE : « Oui mais c’est utile… » Et pourquoi ne se demande-t-on pas s’il n’existe absolument pas d’autre façon de faire ? L’utilité se décline-t-elle vraiment sous une seule et unique manière de procéder ? Ou ne s’agit-il que d’une excuse de plus pour ne pas avouer que l’on est impuissant à changer ce qui se passe dans certains (la majorité ?) des laboratoires, et atténuer notre sentiment de culpabilité ? Des images insoutenables, encore, et tellement irréelles qu’on peut comprendre qu’elles ne suscitent parfois rien de plus que de l’indifférence.



Shaun Monson cite Léon Tolstoï pour renforcer son propos : « Aussi longtemps qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille ». Même si Earthlings fonctionne essentiellement en alimentant le moteur de l’horreur avec des vidéos éprouvantes, Shaun Monson ne se montre toutefois pas avare en paroles. Peut-être se montre-t-il parfois trop racoleur mais comment peut-on encore vouloir se montrer modéré et posé devant ce qui se présente à nos yeux comme un carnage ? Le film nous fait découvrir une facette du monde et de la vie dégoûtante. Souhaite-t-on plus dégoûtant encore ? Il suffit d’évoquer ces spectateurs qui n’ont rien trouvé de mieux à reprocher à ce documentaire que le rapprochement qu’il effectue parfois avec l’Holocauste (et que Peter Singer avait déjà fait avant lui). Ce rapprochement ne nuit pas aux victimes de l’Holocauste et ne rabaisse pas ce crime à une broutille historique –il cherche simplement à reconsidérer la gravité des actes que nous pouvons infliger aux animaux –directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment- dans une vision qui cesse d’être spéciste. Alors oui, Earthlings pêche parfois par certains défauts de style (musique omniprésente ?), de propos (rapprochements qui blessent l’ego de l’homme en tant qu’animal supérieur) ou d’accumulations (toutes véridiques cependant), mais si l’on est capable de s’offenser de tels détails alors, pourquoi ne s’indigne-t-on pas des évènements qui sont présentés dans ce film ?



A nouveau, tout n’est qu’une question de bonne ou de mauvaise foi.

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Published by Colimasson - dans Film
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