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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 17:09
Fish Tank (2009)




Dès le début, il n’est pas vraiment nécessaire de redouter l’éternel déroulement de considérations habituellement apitoyées qu’il est de coutume d’énoncer sur la vie que mènent les habitants des cités populaires. Malgré quelques situations qui auraient pu donner l’occasion à Andrea Arnold de nous baratiner sur ce que l’on sait déjà et de nous donner des pistes réductrices sur une certaine forme de « misère sociale » -les jeunes ne savent plus communiquer autrement que par le biais de la violence, les familles éclatées nuisent à l’équilibre psychologique des enfants, la drogue et l’alcool sont un remède facile aux difficultés de l’existence…-, la réalisatrice ne choisit jamais de réduire ses personnages à leurs penchants à tenir des comportements stéréotypés. Ils y ont parfois recours, certes, mais n’agissent jamais comme des abrutis conditionnés par leur environnement social ou familial. Andrea Arnold essaie toujours de dresser une justification psychologique solide et qui tient la route. Elle rend ses personnages crédibles et humains en leur transférant une véritable conscience de leurs actes.





Mia, auprès de qui nous passons l’intégralité du film, est une adolescente de quinze ans qui cherche à renvoyer l’image d’une jeune fille puissante et forte. Mais nous, spectateurs, avons le privilège de la découvrir lorsqu’elle est seule… et nous découvrons en même temps une grande sensibilité et des idéaux qui la poussent souvent à la rêverie. Ils nourrissent sa passion pour la danse hip-hop et à la poussent parfois à réaliser des actes que l’on pourrait qualifier de « romantiques » (libérer un cheval cadenassé à un pilier, par exemple…). L’arrivée du nouveau compagnon de sa mère –qui ressemble plutôt à une grande sœur- révèlera un nouveau pan de Mia. Lorsque Andrea Arnold filme les émotions de la jeune fille, elle choisit de les inscrire dans les mouvements et le rythme de sa caméra. Procédé usé, démodé ? On est passé près du risque… mais encore une fois, on se contente simplement de le frôler… Mia est totalement convaincante, qu’elle se mette à flotter dans une sorte de ravissement lorsque le compagnon de sa mère la porte sur son dos, lorsqu’elle se débat contre ses envies de tuer Keira en la jetant dans un fleuve, lorsqu’elle s’effondre en apprenant que la jument qu’elle avait souhaité libérer a été abattue, ou encore lorsqu’elle fait le choix entre ses rêves de danse et la réalité décevante d’une audition. Le scénario en lui-même est plutôt prévisible, mais il dépasse souvent la bienséance de la plupart des autres films.





Fish Tank nous fait suivre un parcours de maturité qui s’achève, on l’espère, sur une solution qui n’aurait pas pu être mieux choisie…

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Published by Colimasson - dans Film
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