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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 09:36




Présentation de l’éditeur :

Citation:
Fritz Haber est la première biographie en français jamais consacrée à un personnage clé de la science et de l’histoire contemporaines, et qui reste étrangement méconnu en France.

Dans les dictionnaires, Haber n’est référencé que pour son prix Nobel de chimie reçu en 1918, pour la mise au point d’une synthèse industrielle de l’ammoniac qui a donc permis la production massive d’engrais agricoles.

Ce que les dictionnaires ne disent pas, c’est qu’Haber reçut son Nobel sous les huées du public : quelques années auparavant, il avait aussi inventé les gaz de combat pour l’armée allemande.

Homme d’une gigantesque ambition et juif en proie au fort racisme de son époque, il choisit de se convertir au protestantisme pour assouvir sa soif de pouvoir. Nationaliste convaincu, il mit ainsi sa science au service de l’armée allemande et participa aux premiers pas du conglomérat I.G. Farben.



Source : link

Après avoir lu le Tome 3 de cette série, c’est en toute logique que je me suis dit qu’il serait peut-être utile de continuer par le début, histoire de vérifier que Vandermeulen n’avait pas fait une suite seulement pour faire joli…
Je confirme, il est utile de commencer cette série par le Tome 1… innocent

Ces 150 premières pages nous permettent de découvrir l’enfance de Fritz Haber et les premières difficultés qu’il rencontra lors de ses études du fait de ses origines juives. Malgré son talent pour les matières scientifiques, de nombreuses portes lui étaient fermées du fait de sa judaïté. De là est née son ambition qui expliquera en partie les raisons qui l’ont poussées à se contredire et à « trahir » son peuple et ses origines dans le futur.




Ces premières pages dressent le portrait d’un homme tiraillé de toutes parts entre son histoire, entre l’Histoire et entre son ambition. Difficile de cumuler tout cela… On comprend mieux les évènements qui se produisent dans la suite et que l’on découvre dans les tomes suivants. Reprendre l’histoire de Fritz Haber par la lecture de ce premier tome m’a permis par exemple de comprendre le drame familial qui se produit dans le tome 3.

« Notre peuple, ce sont les allemands, Fritz ! Ce qui décide de l’appartenance à un peuple, c’est uniquement le cœur, l’esprit, le caractère et l’âme ! Nous sommes de race juive mais notre peuple est le peuple allemand ; notre patrie : le pays allemand ; notre foi, la foi allemande, et la foi en l’Allemagne est au-dessus des religions ! »

Sinon, au niveau du style graphique, on retrouve toujours la même ambiance vieillie à la sauce sépia-javel.



L’intérêt documentaire de l’album est tout aussi indéniable. En toute connaissance de cause, on repère les signes annonciateurs de la montée du nazisme. On en apprend également davantage sur le sionisme et l’état du progrès scientifique au début du 20e siècle.

En exergue, on retrouve toujours des extraits de textes importants, de personnages qui ont eu une importance extrême dans le climat politique et intellectuel du début du 20e siècle en Allemagne (Gobineau, Henrich Heine, Thomas Carlyle…).
Il faut à tout prix compléter la lecture de ces citations par les informations biographiques sur les auteurs qui sont fournies sur le site de Fritz Haber par Delcourt.
Site : http://www.editions-delcourt.fr/fritzhaber/



Autre passage en exergue :

« Cet aveu que l’avenir appartient aux communistes, je le fais d’un ton d’appréhension et d’angoisse extrêmes. Ce n’est qu’avec horreur et effroi que je pense à l’époque où ces sombres iconoclastes parviendront à la domination ; de leurs mains calleuses, ils briseront sans merci toutes les statues de marbre de la beauté, si chères à mon cœur ; il fracasseront toutes ces babioles et fanfreluches fantastiques de l’art qu’aimait tant le poète ; ils détruiront mes bois de lauriers et y planteront des pommes de terre ; les lis, qui ne filaient ni ne travaillaient et qui pourtant étaient vêtus aussi magnifiquement que le roi Salomon dans toute sa splendeur, ils seront arrachés alors du sol de la société, à moins qu’ils ne veuillent prendre en main le fuseau ; les roses, ces oisives fiancées des rossignols, auront le même sort ; les rossignols, ces chanteurs inutiles, seront chassés ; et, hélas, mon Livre des Chants servira à l’épicier pour en faire des cornets où il versera du café ou du tabac à priser pour les vieilles femmes de l’avenir. Hélas, je prévois tout cela, et je suis saisi d’une indicible tristesse en pensant à la ruine dont le prolétariat vainqueur menace mes vers, qui périront avec tout l’ancien monde romantique. »
Henrich Heine

Encore une fois, une lecture enrichissante et agréable, ou comment s’instruire sans en avoir l’air…

Ne me manque plus que la lecture du 2e tome…
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