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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 14:23



Hyperréalisme d’Udo Kultermann est un ouvrage à l’acuité perçante puisqu’il est contemporain du mouvement artistique éponyme dont il dénote les premières manifestations. Publié en 1972, il tente en effet de chercher le dénominateur commun unissant une kyrielle d’artistes américains qui ont commencé à se faire connaître dès 1968. Aujourd’hui, le mouvement hyperréaliste existe toujours, preuve de la pertinence de la classification ébauchée par Udo Kultermann dans ce livre.


Dans les premières pages de l’ouvrage, Udo Kultermann s’explique sur les critères d’appartenance à ce mouvement, le plaçant dans le contexte du cosmopolitisme et de l’intellectualisme d’une certaine classe américaine à New-York et à Los Angeles. A la suite du mouvement expressionniste, dans le sillage du Pop Art, les artistes de l’hyperréalisme s’emparent de la technologie moderne et des valeurs d’une société consumériste et libérale pour créer des œuvres d’art qui cherchent à s’approcher au plus près de la réalité. Dans la forme, l’utilisation de la photographie comme support à la réalisation de peintures à l’exactitude et à la minutie trompeuses se banalise. Dans le fond, les principaux sujets d’observation sont issus de la vie quotidienne, banale, routinière, parfois sordide. On expose le rêve américain dans tout son ridicule et son ostentation, on dénude les corps et on approche les visages jusque dans leurs moindres détails graveleux.


Depuis 1972, le mouvement hyperréaliste a eu l’occasion de se diversifier. L’ouvrage d’Udo Kultermann fournit donc à la fois l’avantage de n’être centré que sur les premiers artistes de ce mouvement –permettant ainsi de se concentrer sur les premières années de ce qui deviendra ensuite trop diffus pour être encore appréhendé de manière exhaustive- et l’inconvénient de n’en présenter qu’une infime partie parmi tous les artistes hyperréalistes dénombrés aujourd’hui. Parmi ceux qui ont retenu l’attention d’Udo Kultermann, on peut citer Kanowitz, Nesbitt, Pearlstein, Close, Hanson, Beal ou Bechtle parmi tant d’autres… Leurs travaux exposés dans le livre ne sont pas forcément représentatifs –ils souffrent en outre d’un imprimé en noir et blanc qui fait perdre beaucoup de la vivacité qu’apportent les couleurs, souvent primordiales pour ces artistes de l’b]hyperréalisme[/b].


Aux balbutiements d’un mouvement artistique, comme il est souvent plus difficile de trouver les mots qui le définiront clairement, il est aussi plus passionnant d’en découvrir les origines et de s’émerveiller, en même temps que le théoricien, du déploiement d’inspirations parallèles.


« Ainsi donc, la tradition n’est pas seulement la continuation de la tradition : elle est ce qui s’ajoute au passé, elle est ce qui crée la tradition. »


C’est avec beaucoup de pertinence qu’Udo Kultermann conclut son introduction à l’hyperréalisme. Aujourd’hui comme hier, et pour tous les domaines considérés, chaque jour rajoute à l’édifice de la tradition, et il est parfois intéressant de se fixer à une époque donnée pour en examiner les contours et les figer dans un mouvement.


Chuck Close


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Self-portrait, 1968



Audrey Flack


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Family portrait, 1968



Robert Bechtle


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'61 Pontiac, 1968

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Published by Colimasson - dans Livre
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