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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 13:13








Or du trio poulet-bœuf-porc, difficile d’amener de la variété dans les constituants carnés des repas ? Non seulement la viande coûte cher, mais en plus elle est écologiquement et éthiquement peu recommandée ? Laissez tomber les steaks et le pâté, le temps de goûter au croustillant d’une assiette d’asticots grillés, au croquant d’une sauterelle crue ou au moelleux d’une larve mâle d’abeille. Si vous ne vous sentez pas encore le courage de vous confronter à cette nourriture d’une manière aussi frontale, un petit carnet de recettes vous proposera des mets élaborés qui vous permettront d’oublier la nature de vos ingrédients. Que diriez-vous d’un cake aux insectes (100 grammes de larves d’abeilles, 50 grammes de cigales, 50 grammes de sauterelles, 25 grammes de larves d’ergate forgeron, 25 grammes de larves de cynips, 25 grammes de cloportes et 25 grammes de grillons) ? La liste des ingrédients semble difficile à réunir mais peu importe : le principal est de conserver le ratio larves/adultes pour apporter des différences de consistances qui varient du moelleux au fondant, en passant par le croustillant. Pour le dessert, vous laisserez-vous tenter par un riz au lait aux larves d’abeille et de ténébrion ? On troque les habituels raisins macérés au rhum pour des insectes et on obtient un dessert hors du commun…




A priori, ces recettes ne devraient pas emballer la majorité, mais S. Much s’empare des pages suivantes pour nous convertir à sa cause.
Dans une première partie, il aborde l’entomophagie d’un point de vue rationnel et énumère les arguments favorables à cette pratique, qu’il s’agisse des domaines culturel –les grands textes sacrés encouragent la consommation d’insectes-, diététique –les insectes regorgent de protéines et de minéraux intéressants pour l’organisme-, médicinal –les substances qu’ils sécrètent ont longtemps été utilisées par la pharmacopée traditionnelle-, écologique –leur élevage s’inscrit en accord avec le processus du développement durable-, économique –leur croissance est rapide et ne nécessite pas la mise en place d’un équipement coûteux- et social –les insectes permettraient de lutter contre la famine. La belle ouverture d’esprit de l’auteur lui permet de s’amuser des différences culturelles attribuées aux mœurs et de leurs goûts et dégoûts respectifs. Le relativisme permet de considérer l’entomophagie avec le moins de préjugés possible.




Dans une deuxième partie, S. Much nous offre un panorama ciblé des insectes comestibles les plus courants. Entre autres créatures, on retrouvera l’araignée, le bombyx, la fourmi, le hanneton, le phasme, le scarabée ou le ténébrion… En connaisseur, l’auteur ne se contente pas de nous fournir les informations de base qui permettent de définir chaque insecte : il ajoute également ses propres conseils de « cueillette », ses astuces de dégustation et son jugement personnel. On apprendra ainsi que « Les grillons sont appréciés pour leur saveur que d’aucuns décrivent comme s’apparentant à la noisette ou au pépin de courge. Ils peuvent être mangés salés ou sucrés, grillés, frits, en ragoût, en gâteau… ».

S. Much a fait de son livre d’entomophagie un document qui regorge en outre d’illustrations, d’affiches et de photos en rapport avec l’insecte : elles permettent de réaliser leur ancrage historique dans la civilisation humaine. Il n’est pas certain que les lecteurs se précipiteront dans la nature pour cueillir des sauterelles après avoir lu ce livre, mais il permet en tout cas d’élaborer une réflexion sur nos habitudes alimentaires et il ouvre la porte aux alternatives alimentaires qui devront forcément se préciser au cours des années à venir.


Des aperçus de l'intérieur du livre :




Et pour les plus gourmands, des recettes :





La religion recommande la consommation d'insectes :

Citation:

Dans la Thora, il est dit expressément : « Vous mangerez le criquet pour son espèce, l’acridien pour son espèce, la sauterelle pour son espèce, la locuste pour son espèce. » (Lévitique 11-22). Dans la Bible : « Jean était vêtu d’une peau de chameau et mangeait des sauterelles et du miel sauvage » (évangile de Marc 1-6). Enfin dans le Coran : « Le Prophète a dit que Dieu a permis de manger sans les égorger deux sortes d’animaux : les poissons et les sauterelles. » Et plus loin : « Celui qui ne mange pas de mes criquets, de mes chameaux et de mes tortues n’est pas digne de moi dit le Prophète. » Il n’y a donc pas de tabous alimentaires autour des insectes dans ces trois religions. Au contraire, leur consommation est encouragée.



La gastronomie française n'est pas forcément plus appétissante qu'une bonne fricassée d'insectes, la preuve :

Citation:

Manger des insectes vous dégoûte ? La gastronomie française compte pourtant bien des choses peu appétissantes à première vue qui se révèlent être excellentes. Vous rechignez devant une assiette de cloportes mais vous dégustez avec plaisir du dégueulis d’abeilles (miel), des ovules de poules (œuf), du pain moisi (dans le roquefort), du sang de porc (boudin noir), des intestins (andouilles), de la langue de bœuf, des cuisses de grenouilles, des escargots, des rognons, des tripes…sans parler des huîtres que l’on mange vivantes, de la présure pour faire le yaourt et le fromage qui n’était autre que les sécrétions de l’estomac des veaux et des agneaux. Un criquet est-il si différent de la crevette qui orne nos plateaux de fruits de mer ?




Si je devais me mettre à l'entomophagie, je commencerais avec les fourmis :

Citation:


Les fourmis, malgré leur petite taille, sont mangées par les êtres humains. Leurs qualités gustatives et médicinales en font une denrée recherchée. Il n’est généralement pas très aisé de faire la distinction entre les différentes espèces de fourmis. Il faut les goûter. Crues, elles peuvent avoir un goût amer (mauvaise pioche, il faut en goûter une autre !), sucrée quand elles reviennent de la traite des pucerons (si vous repérez un élevage de pucerons, il y a des chances qu’elles aient ce goût) ou un goût acide, citronné, donné par l’acide formique. C’est pour cette saveur qu’elles furent mises à macérer dans de l’alcool ou utilisées dans les desserts comme des flans, des crèmes ou des biscuits. Grillées dans une poêle à sec, certains leur trouvent le goût de saucisse épicée.


 

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Published by Colimasson - dans Livre
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