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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 13:24



Je suis venue après la guerre –bien après- ce qui expliquerait peut-être pourquoi cet album ne m’a jamais permis de m’approcher de trop près de son propos. Nous évoluons dans une atmosphère faite de silences, de secrets et de dérobades, propices à l’incompréhension et à la méfiance. Des conversations s’ébauchent et se taisent aussitôt –faudrait-il être devin pour les entendre à demi-mot ? Je suis restée hermétique à l’intrigue, obligée de compenser mon ignorance par le résumé fourni par l’éditeur. Rétrospectivement, j’ai finalement pu comprendre qu’à une époque indéfinie, un homme a volé des documents secrets (à qui ?). Pour le contrer, les autorités (lesquelles ?) chargent deux officiers de le traquer. Toutefois, le premier officier soupçonne le second d’être un traître (pourquoi ?). Précisons que les personnages sont des animaux anthropomorphes (ou des hommes animalisés), ce qui n’est pas sans rappeler l’imagerie d’un Black Sad pour l’analogie entre les caractères et l’animal, ou un Maüs pour l’inexpressivité des visages. Si, dans les exemples précités, l’animalisation fonctionne et apporte un surplus d’intérêt à l’intrigue, ce n’est pas le cas dans cet Iron. Ici, l’animalisation semble difficilement justifiable et renforce la froideur d’un récit qui peine à exprimer ses sentiments.


Parfois, des fulgurances émergent entre deux discours caricaturaux qui singent le genre du thriller plus qu’ils ne lui apportent une véritable identité personnelle. L’Histoire permet alors une réflexion sur l’engagement et sur le sens des actes individuels, qui se prolonge avec un lyrisme noble et contenu :


« Mais tant d’entre nous ont succombé aux rêves de richesse. Et nous sommes si peu, désormais, à répondre à l’appel. Plus le temps passera et moins les jeunes trouveront de raisons de se battre. Ils oublieront qu’à une époque les choses étaient différentes. Et ils ont la jeunesse pour eux, c’est ça le pire. »


De même, les planches sobres et mélancoliques produisent une grande impression. Dommage que la substance fasse parfois défaut, masquée par une intrigue qui se perd dans des mystères et élucubrations stériles.

 

Citation:
Vous avez peut-être raison, mais la force est une chose étrange.
Il est étonnant de voir comme les jeunes arbres résistent aux premières neiges. Les plus anciens sont trop gros, vous voyez. Ils sont durs comme le fer, mais qu’importe, leurs branches sont trop nombreuses et la neige s’y amoncelle.
Ils grincent et gémissent, et finissent par céder sous son poids. J’ai longtemps cru que reconsidérer ses idéaux était une mauvaise chose, cela revenait à les sacrifier. Je pense différemment aujourd’hui.


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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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