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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 20:09



Jane Eyre est pauvre et triste. Elle n’a pas de parents et mène une vie misérable, mais sa grâce lui permet malgré tout d’être aimée comme elle le mérite.

Le renard est peureux et fragile. Son poil est d’un roux flamboyant, mais ce sont surtout ses yeux à la tendresse surhumaine qui le distinguent et le transforment en animal poétique.



Et moi je suis une saucisse enrubannée dans des maillots de bain trop petits, mais c’est mon imagination et le pardon que j’accorde sans concession à mes semblables qui me donneront le droit d’atteindre la grâce de Jane Eyre et du renard roux.

Isabelle Arsenault à l’illustration trace des ambiances feutrées qui transcrivent la monotonie d’une vie qui, sans être inconfortable, n’est que très rarement traversée de moments de plaisir ou de bonheur. Quelques touches de couleur, discrètement relevées à l’aquarelle, soulignent parfois le soulèvement d’une émotion qui n’ose pas se montrer envahissante. Fanny Britt ajoute à ces expressions graphiques des textes qui se lisent en murmurant, retranscriptions discrètes du monologue d’une petite fille qui peine à s’intégrer socialement parce qu’elle est trop réservée, trop complexée, certainement trop sensible. Elle se perd dans la lecture de Jane Eyre pendant que ses camarades chahutent dans le bus qui doit les conduire jusqu’en Angleterre pour le voyage scolaire de fin d’année ; elle se mire dans le regard d’un renard roux tandis qu’une petite fille surgit derrière elle à grands cris pour faire fuir l’animal. Alors que les autres semblent vouloir l’extraire de son monde imaginaire et poétique, Hélène s’y accroche et suit un chemin de maturité qui lui permettra non seulement de trouver sa place parmi les siens, mais de ne pas renier sa charmante personnalité.



Tout aussi mignon et rêveur que son personnage, l’album Jane, le renard & moi sera l’occasion de retrouver une part de son enfance, qu’on lira comme un souvenir nostalgique qui s’éteint peu à peu.



Citation:
Normalement, j’ai le temps de lire environ treize pages entre l’école et la maison. Si Geneviève est dans l’autobus et que je l’entends ricaner avec les gars vers l’arrière, je tourne les pages mais je ne lis pas vraiment, je suis trop assourdie par mon cœur qui tambourine.


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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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