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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 12:31

Vu le soin ménager dont travaillé je suis,
Vu l’importun souci qui sans fin me tourmente,
Et vu tant de regrets desquels je me lamente,

Tu t’ébahis souvent comment chanter je puis.
Je ne chante, Magny, je pleure mes ennuis,
Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante,

Si bien qu’en les chantant, souvent je les enchante :
Voilà pourquoi, Magny, je chante jours et nuits.
Ainsi chante l’ouvrier en faisant son ouvrage,
Ainsi le laboureur faisant son labourage,

Ainsi le pèlerin regrettant sa maison,
Ainsi l’aventurier en songeant à sa dame,
Ainsi le marinier en tirant à la rame,
Ainsi le prisonnier maudissant sa prison.

Joachim du Bellay, Les Regrets, sonnet 12




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Albert Weisgerber

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Published by Colimasson - dans Poésie
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commentaires

Dominique 12/04/2013 10:53

je termine mes billets de deux livres qui se situent à la même époque que du Bellay, le temps affreux des guerres de religion mais aussi le temps magnifique de la renaissance
J'aime bien ce poème

Colimasson 13/04/2013 13:24



Contente de partager ce plaisir alors. J'ai beaucoup de mal avec la poésie en temps normal. J'ai aimé celle-ci, mais ça ne me pousse pas pour autant à en lire davantage de cet auteur... peut-être
un jour où je serais plus courageuse ?