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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:46





Feel-good et teen-movie sponsorisé par Sunny Delight (ça existe encore ?), Juno est l’histoire d’une adolescente américaine de 16 ans que l’on veut nous faire prendre pour l’incarnation de la marginalité loufoque. Les arguments sont les suivants : garçon manqué, vivant dans une famille recomposée de bric et de broc, adepte de musique rock et de culture geek, Juno couche avec son meilleur ami pour faire passer l’ennui. On réalise rapidement que Juno n’est pas si extravagante qu’on veut bien nous le faire croire, et si certaines répliques sont parfois très drôles et donnent un rythme endiablé au film, d’autres situations, en revanche, sentent le réchauffé et peinent à cacher leur volonté de faire du décalé à tout prix. Mais la bonne humeur est là, c’est indéniable, et même la gravité du sujet ne parvient pas à alourdir le propos.

Cette qualité du film fait aussi son plus grand défaut. Si l’on ne pleure pas à chaudes larmes ou si l’on ne frissonne pas devant la situation vécue par Juno, ce n’est pas parce que Jason Reitman a réussi à traiter le sujet des grossesses adolescentes (et tout ce qui va avec : avortement, relations parentales, problèmes financiers, mise en danger de la poursuite scolaire, regard de l’entourage…) avec finesse, mais bien plutôt parce qu’il les élude totalement !




Et l’on saute ainsi d’une étape de la grossesse à une autre, délaissant d’une fois sur l’autre toutes les interrogations légitimes qu’auraient pu se poser le spectateur. L’alternative de l’avortement se pose à peine (contexte américain oblige ?) et en quelques secondes, Juno prend le choix de faire adopter son enfant à des parents demandeurs, qu’elle déniche aussitôt par petite annonce dans un journal. L’annonce de la grossesse à ses parents provoque à peine quelques remous, et personne dans l’entourage de Juno semble ne lui faire la moindre remarque quant à sa grossesse précoce –même si l’on sait qu’elles sont de plus en plus courantes en Amérique, j’imagine qu’elles sont encore loin de laisser totalement indifférents. Plus tard, la relation entre Juno et le futur père adoptif semble prendre des tournants plus civilisés qu’ils ne devraient l’être, mais encore une fois, l’histoire tourne court lorsque Jason Reitman introduit cette ultime péripétie : le couple décide de divorcer. Quid de l’enfant à naître ? Pas de problèmes, il reviendra naturellement à la mère esseulée… Tout est bien qui finit bien, l’enfant disparaît dans les bras de sa mère adoptive et ni Juno, ni son petit ami ne semblent l’avoir vu passer. L’enfant aura seulement servi de catalyseur à l’officialisation de leur relation amoureuse, signe extérieur visible d’une amplification de leurs sentiments. Et on les retrouve, en train de se conter fleurette à la guitare, comme deux adolescents qui essaient tant bien que mal de prouver aux yeux du monde leur marginalité.




Drôle au début, écœurant de niaiserie à la fin, même pas intéressant.

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Published by Colimasson - dans Film
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