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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 17:37



Synopsis :

Citation:
Un groupe d'adolescents d'une cité HLM répète, pour leur cours de français, un passage de la pièce Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. Abdelkrim, dit Krimo, qui initialement ne joue pas dans la pièce, tombe amoureux de Lydia. Pour tenter de séduire celle-ci, il obtient le rôle d'Arlequin et entame les répétitions. Son caractère timide et maladroit s'avère être un frein à sa participation à la pièce ainsi qu'à l'aboutissement de ses projets avec Lydia.



Première scène du film… Un groupe de jeunes se parlent entre eux dans un brouhaha sonore inaudible… On ne sait pas de quoi ils parlent mais ça a l’air important. Ils s’échauffent, ils s’énervent dans leurs paroles… Beaucoup de dynamisme dès les premières minutes du film, et cela continuera jusqu’à la fin. C’est déjà cela qui est admirable dans L’Esquive : cette énergie qui traverse les personnages dans chaque scène, cette sincérité qui les anime et qui nous les rend vivants.
Avec son air de documentaire, ce film ne nous présente pas des acteurs mais des jeunes d’une cité ordinaire.





Quand on entre dans le monde de L’Esquive, on entre dans un monde marqué par un langage presque argotique. Le bon vieux français est maltraité dans l’utilisation de ses tournures grammaticales, certains mots sont hachés, remaniés par les influences culturelles des protagonistes. L’accent des banlieues est typiquement inscrit dans le discours des personnages, mais s’évanouit mystérieusement lorsqu’il s’agit de déclamer les dialogues du Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux.
Le film tourne en effet autour de cette pièce pour créer une histoire d’amour alambiquée dans un milieu qui, a priori, ne devrait pas se sentir concerné par les mêmes difficultés que celles rencontrées par les personnages d’une pièce de théâtre écrite au 18e siècle. Le langage, dans les deux cas, est différent, mais il exprime des sentiments similaires dans lesquels tout le monde finit par se retrouver.

Ce jeu sur le langage, les quiproquos qui en découlent, l’influence de la pièce de théâtre sur ses acteurs en herbe sont les éléments principaux du film qui m’ont plu.
On est à mille lieues de tous les autres films qui traitent des banlieues –peut-être justement parce que ce film ne traite pas des banlieues à proprement parler, peut-être parce qu’il se contente de faire des banlieues l’endroit où se déroule la totalité du film, tout simplement.

"Je voulais démystifier cette agressivité verbale, et la faire apparaître dans sa dimension véritable de code de communication. Une sorte d'agressivité de façade qui cache bien souvent de la pudeur, et même parfois une véritable fragilité, plus qu'une violence à proprement parler "
Abdellatif Kechiche

J’en retiens un film dont le propos est d’une grande originalité. Son sujet est audacieux, traité d’une manière juste et dont la démarche me semble sincère.
Ce film m’a laissée très admirative…


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Published by Colimasson - dans Film
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