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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 21:13




Pour décrire le contenu de ce livre, rien de mieux que laisser l’auteur en parler lui-même :

Citation:
Un nouveau stupéfiant collectif envahit les sociétés occidentales : le culte du bonheur. Soyez heureux ! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien. Comment savoir si l'on est heureux ? Et que répondre à ceux qui avouent piteusement : je n'y arrive pas ? Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme, le consumérisme et autres techniques de la félicité ? Qu'en est-il de notre rapport à la douleur dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes ?

J'appelle devoir de bonheur cette idéologie qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobre ou le malaise ceux qui n'y souscrivent pas. Perversion de la plus belle idée qui soit : la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin et d'améliorer son existence.

C'est alors le malheur et la souffrance qui sont mis hors la loi, au risque, à force d'être passés sous silence, de resurgir où on ne les attendait pas. Notre époque raconte une étrange fable : celle d'une société vouée à l'hédonisme, à laquelle tout devient irritation et supplice.

Comment la croyance subversive des Lumières, qui offrent aux hommes ce droit au bonheur jusqu'alors réservé au paradis des chrétiens, a-t-elle pu se transformer en dogme ? Telle est l'aventure que nous retraçons ici.



J’ai fondu sur ce livre pour l’attrait du sujet. Qui n’a jamais ressenti au quotidien cette obligation de paraître sous son meilleur jour et d’afficher la mine glorieuse de ceux à qui tout réussit ?
Avec ce livre de Pascal Bruckner, on se dit : « Enfin, un gars qui pense comme moi ! » (et quand même, ce n’est pas n’importe quel gars, quoiqu’on puisse en dire…). Tenir ce livre entre ses mains est déjà déculpabilisant en soi ! dentsblanches

Le problème que j’ai rencontré, après un développement intéressant expliquant comment nous sommes passés d’une morale du repentir au Moyen Âge à une obligation de jouir aux 20e et 21e siècles, trouve résonnance avec le sujet traité par le livre : finalement, je n’ai pas été émerveillée plus que de raison par les propos de Pascal Bruckner. Victime d’une époque rongée par la grisaille, comme le dit si bien l’auteur?
Je m’attendais à un texte virulent ou qui m’ouvre tout du moins l’esprit à de nouvelles idées ; j’ai trouvé un texte monotone, surtout inspiré des réflexions des autres (une phrase sur trois sont des citations d’autres auteurs) et qui n’a pas honte d’énoncer des banalités ou des clichés.
Finalement, ce livre illustre bien le propos qu’il contient : arrêtons de rechercher le bonheur, la nouveauté ou l’originalité à tout prix ; continuons à lire des livres qui nous laissent de marbre et qui n’enrichissent pas, ou si peu.

Mais je suis méchante. J’ai parlé des nombreuses références que Pascal Bruckner faisait à des auteurs meilleurs que lui, et ce sont ces références qui sauvent le livre. Merci à L’Euphorie Perpétuelle qui m’a permis de découvrir Mars de Fritz Zorn, un livre contenant une critique bien plus virulente et novatrice que celle de Bruckner.

Allez, parmi tous les clichés contenus dans ce livre, je vous offre la perle… Le sujet ? Le téléphone portable… Accrochez-vous, c’est profond !

« Et quel meilleur exemple de cette urgence que le portable : dès la première sonnerie il convie chacun à se ruer sur son sac, ses poches pour attraper le petit animal clignotant et bourdonnant. C’est d’ailleurs tout le développement technologique qui met en demeure ceux qui n’y adhèrent pas d’être écartés du groupe. Il faut souscrire ou périr, surtout chez les adolescents. »

Ah, euphorie de la lecture, quand tu t’échappes…

Dommage, le sujet m’intéressait bien pourtant.

« Avouons l’existence du mal sans ajouter encore aux laideurs de la vie l’absurde complaisance de les nier. »
Voltaire

(C’est vrai que c’est facile les citations des autres finalement… innocent )

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Published by Colimasson - dans Livre
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