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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 21:23
L'homme boîte publié en 1973



Présentation de l'éditeur :

Citation:
Kôbô Abé est un des tous premiers écrivains japonais d'aujourd'hui. Redoutable parabole des temps modernes, son roman L'Homme-boîte nous interroge un peu à la manière des pièces de Beckett. Cet homme qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans une boîte en carton n'est pas un Diogène cynique réfugié dans un tonneau par mépris de l'humanité. C'est un anti-héros, un être mythique dont le mal profond est l'impuissance. Un voyeur aussi, car la seule relation qu'il peut établir avec le monde extérieur se fait par l'intermédiaire de son regard. Ce personnage anonyme a placé un écran entre les autres et lui afin de se protéger des contraintes de la société et la boîte est pour lui à la fois sécurisante et protectrice. Tourmenté et solitaire, il est en même temps capable d'humour et même d'amour. Pour Kôbô Abé, qui est aussi médecin, une identité détruite peut en quelque sorte être "refaçonnée". Et c'est grâce à la femme qu'il aime que "l'homme-boîte" sortira de son carcan volontaire et rejoindra la vie.


Comme certains d'entre vous, j'ai trouvé le style d'Abé souvent lourd et pompeux, n'hésitant pas à nous bassiner d'effets spéciaux sans que l'on sache où il veut en venir. J'ai parfois eu l'impression que tout cela ne servait qu'à cacher un éventuel manque d'idées, ce que je n'aurais pas trouvé étonnant vu que l'histoire tourne vite en rond.

Le début m'avait pourtant bien plu. L'histoire est originale, le style n'est pas encore trop pompeux, et puis tout se dégrade au fil des pages. Il vient se mêler une histoire de vrai/faux homme-boîte où je me suis bien emmêlée les pinceaux...

Les premières pages sont intrigantes :


Citation:
Il est certain que l’homme-boîte ne se remarque pas facilement. Il est comme une ordure qui aurait été jetée sous un pont ou bien entre une palissade et des v-c publics. Mais il y a une différence entre ne pas être visible et ne pas être remarqué. Comme il ne s’agit pas d’un être particulièrement remarquable, il y a toutes les chances que tu aies eu l’occasion d’en apercevoir un. Toi, par exemple, il t’a sûrement sauté aux yeux. Mais je conçois bien que, par ton attitude, tu aies refusé de le reconnaître. Tu n’es pas la seule personne à le regarder sans le voir ; tu détournes les yeux instinctivement. C’est comme si, la nuit, tu portais des lunettes très sombres ou un masque, tu ne pourrais éviter que l’on te prenne pour une créature très timide, ou pour quelqu’un qui mijote un mauvais coup.

Citation:

La seule erreur de A. était d’être plus conscient qu’un autre de sa condition d’homme-boîte. Vous ne pouvez pas vous moquer de lui. Si vous êtes un de ceux qui ont imaginé dans leurs pensées, même une fois, une ville anonyme qui existerait seulement pour les habitants anonymes, une ville où ce qu’on appelle les portes seraient ouvertes à tous sans discrimination, une ville où, parmi ceux qui vous sont étrangers, vous n’auriez pas besoin d’être sur la défensive, où vous pourriez marcher sur la tête ou dormir dans la rue sans qu’on vous dise rien, où vous pourriez chanter si vous êtes fier de votre talent, et où, quand vous avez fait tout cela, vous pourriez, si vous le désiriez, vous mélanger à la foule anonyme –alors, vous ne devriez pas être indifférent, car vous pouvez toujours être exposé aux mêmes dangers que lui. C’est pourquoi, il ne faut jamais pointer un fusil devant un homme-boîte.


Passage lourd dont Abé a le génie ( dentsblanches ). Le passage est court, je vous épargne le pire :

Citation:
Oui ; peut-être est-ce moi qui suis en train d’écrire en t’imaginant, toi qui es en train d’écrire en m’imaginant, moi.


Bon, le livre est aussi parcouru de photographies accompagnées de commentaires en rapport avec l'histoire plutôt bien trouvés. Vous pouvez vous contenter de cet album-photo si vous avez envie d'avoir une idée du contenu du bouquin sans le lire en entier dentsblanches

Citation:
Quand je pense à de petites choses, je crois que j’aimerais continuer à vivre. Des gouttes de pluie… des gants trempés qui ont rétréci… Quand je contemple quelque chose de trop grand. J’ai envie de mourir… le building du Parlement ou la carte du monde…


Mais je suis trop méchante... Ce livre n'est franchement pas mauvais, il est seulement agaçant, parce qu'on a parfois envie de dire à Kôbô Abé d'arrêter de vouloir faire de l'esprit à tout prix, parce que ça ne lui réussit pas tellement au bonhomme... C'est un peu le même sentiment qu'on ressent à la lecture des livres d'Amélie Nothomb : ce n'est pas mauvais, il y a plein de bonnes idées mais il y a des passages qui sonnent cruellement faux et qui donnent envie de reposer le bouquin aussitôt. Et ça gâche le plaisir, c'est dommage...
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