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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:14



On comprend le désarroi de Paul Exben : beau gosse père de famille, avocat qui gagne bien sa vie, pépère dorloté dans sa grande baraque, il est lisse et ennuyeux au point de se vouer à lui-même une haine qu’il parvient difficilement à égaler. Il n’en veut même pas à sa femme lorsque celle-ci le rejette brutalement à plusieurs reprises, et il s’étonne presque qu’elle ne lui fasse pas l’annonce imminente de son désir de divorcer. Finalement, les choses se passent autrement. Paul découvre la double vie amoureuse de sa femme et décide de mener à bien une confrontation cocu-amant censée se dérouler en toute civilité. Mais les accidents sont si vite arrivés… Et plutôt que d’en affronter les conséquences, Paul Exben décide de fuir. De toute façon, plus rien ne le retient à Paris.



Paul Exben doit devenir l’homme anonyme : personne ne doit pouvoir retrouver sa trace, et tout indice de criminalité doit être effacé derrière lui. Comme s’il avait toujours fait ça, il se débarrasse sans encombres des preuves de son acte criminel et s’installe avec toute l’aisance du monde dans un village paumé au fin fond de la Russie. Le décalage horaire le fatigue un peu, mais finalement pas tant que ça puisqu’il se retrouve très rapidement à faire ami-ami avec tous les villageois et à s’adonner enfin à sa passion : la photographie. Ni une, ni deux, l’appareil photo dégainé, Paul mitraille les paysages magnifiques qui l’entourent puisqu’il a bien sûr eu la bonne idée de se perdre dans le village le plus photogénique du monde… Le vieil ivrogne un peu frappé qu’il rencontre au troquet du coin et qu’il héberge au cours d’une nuit passée à vomir travaille évidement dans une agence de photos et pistonne Paul qui expose, deux semaines plus tard, dans une galerie d’art contemporain. La presse est en ébullition. Paul ne va pas cracher dessus, mais quand même, il doit se méfier s’il veut rester l’homme anonyme… En fait, il ferait mieux d’arrêter de se préoccuper de ce genre de détails car visiblement, personne ne cherche à savoir où il se trouve. Tout le monde l’a déjà oublié et lui fout la paix pour le laisser s’accomplir dans toute l’immensité de son être. Ce n’est pas crédible du tout et je ne sais pas si ce défaut était déjà présent dans le livre de Kennedy, mais il transparaît d’autant plus clairement dans le film que les rebondissements s’enchaînent avec une rapidité un peu fatigante.



Vivre sa vie, c’est donc cela : se débarrasser de toute attache (excepté les relations commerciales qui permettent de trouver un épanouissement matériel) pour se lancer dans une entreprise d’accomplissement personnel qui devra conduire à la gloire et à la reconnaissance. Message d’une valeur médiocre mais qui est parfaitement en accord avec le traitement du film qui s’attarde peu sur son personnage dans la deuxième partie. Son comportement suscite de nombreuses interrogations : comment arrive-t-il à abandonner tout ce qu’il avait construit aussi facilement ? Que ressent-il lorsqu’il se retrouve seul dans des contrées perdues ? N’a-t-il jamais envie de retrouver son ancienne vie ? Le regard de Romain Duris est très expressif mais malheureusement, son jeu et le ton de sa voix sont excessifs et maladroits et rappellent à chaque seconde que l’on se trouve devant un film. Ce sentiment ajouté au manque de crédibilité de la plupart des scènes de la deuxième partie peinent à convaincre.

Finalement, seule la première partie aura trouvé intérêt à mes yeux. Première partie pas très exotique certes, mais traitée d’une manière sincère qui suscite l’adhésion beaucoup plus qu’une deuxième partie trop démonstrative.

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Published by Colimasson - dans Film
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