Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 21:31

http://www.glenatbd.com/images/albums/9782723464932/9782723464932-L.jpg

 

J'ai entendu parler de cette BD en lisant une critique sur Internet... Le thème abordé est celui de l'anorexie. Est-ce que je tomberais sur un bouquin qui en traitera, comme on le voit souvent, avec amateurisme et sans vraiment savoir de quoi il parle ? D'après les critiques, ce n'était pas le cas :

Citation:

Difficile de parler de l'anorexie sans tomber dans la dramatisation ou sans surligner l'émotion. Pourtant Hubert et Marie Caillou s'en sortent très bien dans ce roman graphique élégant et sensible. On y suit les destins de deux jeunes anorexiques, sympathisant chez le psy et tentant de s'aider et de vivre malgré leur mal-être.


Source

Citation:
Plon­geant sans mi­sé­ra­bi­lisme ni éso­té­risme dans le monde de l'ano­rexie, cet ou­vrage se garde aussi d'ap­por­ter une ex­pli­ca­tion ou une jus­ti­fi­ca­tion à l'état d'es­prit qui anime les deux pro­ta­go­nistes.


Source

Citation:
Les deux auteurs ont réalisé un remarquable duo de funambules en réussissant la prouesse de ne jamais sombrer dans le misérabilisme ou le morbide. La Chair de l’araignée est un magnifique ouvrage dont les vertus, réunissant tolérance, pédagogie et ouverture d’esprit, vont bien au-delà de la simple découverte culturelle.


Source

Oui, ben chez moi, ça passe pas... Chaque page est remplie de clichés. Les critiques qui n'y ont vu aucun misérabilisme et qui considèrent que Hubert et Marie Caillou ne tentent pas d'expliquer la maladie des personnages ont bien de la chance.

Ce n'est pas une tentative d'explication ça, de dénoncer la mère poule qui, mis à part de bons petits plats, ne sait pas montrer à son fils qu'elle l'aime ?


Ou encore la méchante mère protectrice qui fourre de grosses cuillerées de soupe dans la bouche de sa fille. On comprend le symbolisme mais quand même, c'est un peu gros...


Le reste des pages est truffé d'explications pseudo-religieuses... Les anorexiques se prennent pour des saints. Ils ne cèdent pas à la tentation parce qu'ils cherchent la pureté et ils méprisent tout ce qui est matériel. De même, ils sont chastes et le contact des corps les répugne. L'appel est sans demi-mesure: avec eux, c'est tout ou rien.



Même les conversations entre les deux anorexiques sont irréelles. Tout ce qu'ils trouvent à se dire, lorsqu'ils se rencontrent, concerne le sujet de leur IMC, de leur taille ou de leur poids. Les personnages ne sont pas du tout crédibles. Ils ne parlent jamais d'autre chose que de nourriture et jugent chacune de leur connaissance à leur tour de taille ou à ce qu'ils mangent.

En conclusion, il s'agit là d'une BD que je trouve tout à fait prétentieuse dans sa tentative d'expliquer l'anorexie. Si le but c'était de faire de jolis dessins avec des squelettes, des gens qui s'envolent à tout bout de page et des feuilles de salade, il aurait peut-être été judicieux de trouver un autre thème.

Interview de Marie et Hubert Caillou : link

Partager cet article
Repost0

commentaires