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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 11:08




Un film remarquable sur la vieillesse. A condition de se montrer peu exigeant sur la description un peu facile qui est faite de la maladie d’Alzheimer, se résumant à des visions et délires éphémères et totalement cohérents, la sénilité est présentée sous un angle presque attachant.
La vieille Thatcher, retenue dans un appartement de Londres, n’a pas le droit de sortir seule. Lorsqu’elle échappe à l’inattention de ses domestiques, sa fille la sermonne aussitôt, alors que celle-ci ne semble pas avoir la tête plus solidement ancrée sur ses épaules que sa mère… Tout le monde semble s’acharner sur la pauvre Thatcher, la traitant comme une enfant alors que, pardon, elle a quand même été Premier ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990 ! Est-ce ainsi que se termine la gloire ? Le regard des congénères de la vieille femme, à la fois mêlé d’admiration et de pitié pour la dégradation de sa santé mentale, est lourd à porter et agit même sur le spectateur. Pour qui se prennent ces jeunes coqs persuadés d’agir pour le bien d’une femme qui n’a jamais eu besoin de demander le secours de quiconque ? Pourquoi se désespèrent-ils de la voir parler sans cesse à Denis, son mari mort et enterré ? Ce sont eux qui ont tort, eux qui sont fermés à la magie d’un monde qui fait se côtoyer morts et vivants dans la reviviscence d’un passé fait de souvenirs…très morcelés !



Ainsi donc, Margaret Thatcher sélectionne bien les épisodes qu’elle fait affleurer à sa mémoire… Toute son enfance est éludée. Sa vie commence alors qu’elle est dans la vingtaine et qu’elle se destine à une carrière monumentale. Son ambition est grande, elle a beaucoup de choses à prouver. Elle se marie, refuse de se résumer à n’être qu’une mère au foyer, fonde quand même une famille, monte les grades de sa carrière politique, prend quelques cours de diction et se retrouve Premier Ministre du Royaume-Uni !
Facile ! A condition d’avoir de la personnalité… La politique se réduit à un grand bal où l’image prime sur les idées, qui ne seront écoutées qu’à condition qu’elles soient prononcées sur un ton convaincant (une femme ne doit pas piailler, cela énerve tout le monde et ce n’est pas très séduisant…). Le reste de la carrière politique de Thatcher évoque davantage les moyens mis en œuvre par celle-ci pour conserver la dignité de son image plutôt que les ressortissants de ses décisions politiques.

Le côté évasif de ces souvenirs montre bien que le film revient sur un point essentiel qui marque la sénilité : ce repli sur soi-même qui se produit dans un mouvement inverse de l’éveil au monde du jeune enfant. En ce sens, ce film sur la vieillesse de Margaret Thatcher est particulièrement réussi.

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Published by Colimasson - dans Film
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commentaires

noble 05/11/2014 10:48

J'ai trouvé Meryl Streep assez convaincante dans ce rôle, mais j'ai quand même troué quelques longueurs dans ce film qui auraient pu être évitées.