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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 15:23


Les thèmes chers à Almodovar reviennent dans ce film comme dans beaucoup d’autres avant lui. Education religieuse, homosexualité, travestissement, création artistique… tout se retrouve une nouvelle fois entremêlé au cœur d’une intrigue dont les sources sont d’inspiration partiellement autobiographique.




Ignacio et Enrique, autrefois jeunes pensionnaires d’un couvent dont le père Manolo est le directeur, se rapprochent dans une parodie d’idylle amoureuse. Rien de bien méchant, mais le père Manolo ne porte pas un regard aussi désinvolte que le nôtre sur cette amourette qui risque de le séparer de son protégé, Ignacio. Pour cette raison, il évince Enrique du couvent et poursuit d’une manière douteuse l’éducation du favori –histoire qu’Almodovar passera sous silence. Bien des années plus tard, Enrique, cinéaste de renommé, retrouve celui qu’il croit être Ignacio. Celui-ci lui apporte une nouvelle qui relate justement cette partie mystérieuse de son enfance, et il lui propose d’en faire un film.


Cette intrigue déjà peu simpliste ne tarde pas à se charger dès lors de nouvelles complications qui occultent les thèmes que l’on croyait chers à Almodovar. Non seulement les rebondissements et découvertes se succèdent dans un crescendo qui semble ne jamais devoir s’accomplir, mais ensuite les personnages ne sont jamais ceux que l’on croit –lorsqu’il ne s’agit pas carrément de jongler entre réalité et fiction, ceux-ci étant eux-mêmes définis par différents niveaux d’interprétation. A croire qu’Almodovar ne recherche pas la connivence avec son spectateur mais l’affrontement, se comportant face à lui comme un démiurge tordu qui prend plaisir à le perdre, remettant en cause le moindre de ses acquis. Il faut voir le film au moins deux fois pour commencer à pouvoir en esquisser un résumé, car le moindre détail qui échapperait à l’attention ne permettrait plus de se raccrocher au scénario. La question se pose toutefois : aura-t-on envie de faire plusieurs essais de compréhension pour un film dont le but affiché semble être de seulement embrouiller son spectateur ? L’objectif d’Almodovar est clair : chercher à donner une aura de complexité à son film pour dissimuler le caractère répétitif d’une intrigue telle qu’il nous en a déjà donné maintes versions. La recherche frénétique de l’originalité et l’envie de surprendre le spectateur (lorsqu’il consent à faire l’effort monumental et disproportionné de se laisser surprendre) nuisent totalement à la trame de base, qui ne devient plus qu’un simple support aux divagations d’Almodovar.

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Published by Colimasson - dans Film
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