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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 12:21



Parce que le film se veut aussi solitaire que Mattia et Alice, parce qu’il se concentre sur des sensations extérieures et se focalise sur certains détails des relations humaines, l’adaptation cinématographique de la Solitude des nombres premiers est envoûtante.



En faisant s’alterner plusieurs étapes de la vie des personnages –enfance, adolescence, début de l’âge adulte et trentaine- dans une succession temporaire qui ne doit rien à la chronologie, on comprend peu à peu ce qui a pu rapprocher Mattia, un garçon passionné par la logique et au comportement autistique, à Alice, une fille boiteuse cadenassée dans un silence qui attire la répulsion et la tyrannie des camarades de son âge. Leur rapprochement s’effectue sous le mode du mystique. Les mots interviennent peu et laissent surtout place aux regards, aux démarches et aux évènements extérieurs –musique, contes, dessins animés… Et lorsque les mots interviennent enfin, ils sont aussi imprévisibles et surprenants que les enfants qui les prononcent.





Saverio Costanzo arrive à créer une atmosphère fantastique autour de ce qui n’aurait pu être qu’une bluette corsée de souffrances psychologiques. Si les trois premiers quarts du film sont prenants et nous assènent révélation sur révélation, le dernier quart joue avec un rythme ralenti et nous propose une fin plus conventionnelle. Saverio Costanzo a voulu suivre le fil directeur du livre jusqu’au bout –et on ne peut pas le lui reprocher-, mais on déplorera toutefois qu’il n’ait pas réussi à lui transmettre ce caractère fantastique qui caractérisait les états temporaires plus juvéniles d’Alice et de Mattia pour créer un film qui soit solitaire et déphasé jusqu’à son terme.

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Published by Colimasson - dans Film
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