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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 16:41




Le titre du film relève un défi à lui seul : comment traiter d’un thème doté d’autant de variations que celui du voyage dans le temps ? A ce sujet, tout semble avoir déjà été fait, et pour se risquer à produire sa propre version, il est nécessaire de posséder le combo : 1) manque d’inventivité, 2) prétention, ou le plus recherché : 1) talent, 2) originalité. Dans le cas du film de Hosoda, nous écoperons malheureusement du premier combo pour un très long film d’une heure et demi qui, s’il ne révolutionne pas le thème du voyage temporel, nous apportera toutefois de très riches enseignements sur la question de la relativité du temps. En l’occurrence, il nous semblera ici très long.

Makoto est une jeune fille banale : légère, elle se préoccupe peu de ses études, aime jouer au baseball avec ses copains et nourrit une obsession presque maladive pour le flan à la vanille. Un jour, miracle ! Elle découvre qu’elle possède le don de voyager dans le temps. L’explication de l’acquisition de ce don est bidon et ne fonctionne qu’à condition que le spectateur y mette du sien et consente avec pitié à la maladresse de la trouvaille. Ceci fait, nous découvrirons avec déception que notre gentillesse ne permet même pas à Makoto de faire des merveilles. En effet, elle utilise son don pour remonter dans un passé très récent afin de répondre à des objectifs aussi excitants que ceux de pouvoir s’arranger des petites déclarations amoureuses, de réussir un contrôle ou de manger autant de fois qu’elle le désire du flan à la vanille (je vous avais dit que c’était maladif…)



Ne tarde pas à surgir la morale que l’on attendait tous, corolaire logique de la médiocrité du film : jouer avec le temps est un acte immoral dont l’auteur finira un jour ou l’autre par être puni. Le message nous tombe dessus après une heure de légèreté débile. Le ton change alors radicalement et nous révèle tout le potentiel schizophrène de bas étage du réalisateur. L’heure est aux pianos, aux larmes, aux voix graves que sous-tend un discours écologisant sans âme. L’intrigue, qui était déjà floue et dont la logique semblait difficile à extirper, prend une nouvelle tournure et lance une sous-intrigue encore plus incompréhensible. On ne sait pas où le réalisateur a voulu en venir, mais ce dont on est sûr, c’est qu’il s’emmêle méchamment les pinceaux.

Une fois cette morale proférée, on pense que le film est terminé. Eh bien non ! Il s’étend, il s’étend… Et à quoi peut-on se raccrocher en attendant que tout cela veuille bien se terminer ? Outre le scénario qui ne vaut pas un rond, on aimerait pouvoir se rattacher au dessin, mais il n’a aucun caractère ; à l’animation, mais elle est brouillonne et frise parfois le statique ; à la musique, mais elle cumule les pires horreurs de la pop japonaise.



La Traversée du temps a le seul mérite d’être drôle à condition qu’on le regarde au second degré et à condition d’avoir envie de perdre un peu de son temps. On retiendra surtout que les japonais sont des gens étranges pour qui une portion de flan ou une tranche de pastèque justifie tous les déplacements temporels du monde…

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Published by Colimasson - dans Film
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