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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 09:31





Le 17 avril 2013, une équipe de chercheurs hollandais présente la concrétisation de laborieuses et coûteuses recherches. Devant les caméras, ils nous sortent un petit steak qui ne doit pas peser plus de 50 grammes, le font griller, le glissent dans un pain à hamburger, entre deux tranches de tomates et une feuille de salade, et croquent le tout. Précisons que ledit steak ne provient pas d’un animal mais de cellules élevées en laboratoire. Winston Churchill, qui rêvait d’un moyen de « fabriquer des ailes et des cuisses sans élever un poulet », est exaucé.




Le documentaire ne se contente pas de nous présenter cette découverte. Dans un contexte de hausse démographique et d’amélioration des conditions de vie, il nous présente les difficultés croissantes que rencontrent les producteurs de viande pour satisfaire la demande. Les chinois, qui ne consommaient pas plus d’un morceau de viande par semaine quelques décennies en arrière, sont aujourd’hui les plus gros consommateurs de viande : 25% de la production totale de viande est mangée par 20% de la population mondiale. Le documentaire nous fournit les chiffres que l’on connaît déjà, mais que l’on peut encore rappeler :


« 10 % des décès prématurés chez les hommes et 8 % chez le femmes auraient pu être évités en réduisant la consommation de viande à moins de 50 g par jour. Pour produire un kilo de viande de cochon, il faut 9,5 kilos de nourriture, pour les vaches, 25 kilos. Par comparaison, pour 1 kilo d'insectes, aliment consommé aujourd'hui par des millions d'êtres humains sur la planète, il faut 2,1 kilos de nourriture. Les insectes émettent par ailleurs 100 fois moins de méthane, gaz à effet de serre contributeur au réchauffement climatique.... »


On ne peut toutefois s’empêcher de se demander si la viande in vitro représente une solution viable et sans danger. Les mots d’antibiotiques nous front grincer des dents. Le coût et le gigantisme de la méthode nous effraient. L’équipe des chercheurs essaie de nous rassurer en nous rappelant les débuts difficiles des premiers ordinateurs. En comprenant, peut-être arriverons-nous à mieux accéder cette parade de l’homme cherchant à se substituer à la nature ? La méthode est résumée ainsi :


« Le premier hamburger de synthèse aura nécessité six ans de recherche, quelques cellules de vache, des centaines de litres de milieu de culture, une bonne dose d'antibiotiques, des milliers de pipettes... et beaucoup d'argent. Tout commence à l'abattoir, où l'on prélève un morceau de viande sur une carcasse de cheval, dont on extrait les cellules souches de muscle. On les sème ensuite dans des boîtes remplies de milieu de culture qui leur fournit les minéraux, les acides aminés et le sucre nécessaire à leur croissance. Et des antibiotiques, ingrédients indispensables à leur croissance. Contre la surconsommation desquels on met, au demeurant, les malades en garde. Puis, les cellules deviennent de vraies cellules de muscles. Mark Post utilise des bâtonnets d'un gélifiant, l'agarose, comme des tuteurs autour desquels les cellules viennent pousser. Elles sont alors prêtes pour fusionner entre elles et former de grosses fibres de muscle, qui finissent par se contracter. Le "semeur de viande" obtient alors de petits donuts, qu'il transforme en bribes de muscle, récoltés et stockés au congélateur. »


On passe d’expert en expert pour saisir davantage d’informations. Est-ce que cela vaut la peine d’investir autant d’argent dans la production de nourriture artificielle alors que des succédanés à la viande existent déjà ? Pour ne citer que quelques exemples, on peut évoquer le « Quorn », produit à base de protéines de champignons, qui se vend très bien en Angleterre ou en Suisse, et les « steaks » ou « saucisses » de soja deviennent de plus en plus courants dans les pays occidentaux. En Afrique, le manque de viande se pallie très simplement à l’entomophagie. Dans les pays occidentaux, on commence aussi à prendre le pli et certaines grandes écoles hôtelières des Etats-Unis apprennent à leurs élèves comment concevoir des plats à base de sauterelles ou de vers de farine qui ne soient pas trop déstabilisants pour les consommateurs.






Finalement, la controverse autour de la viande in vitro tourne rapidement court. Il est encore trop tôt pour juger de l’efficacité et de l’innocuité de ce procédé. Reste que son achèvement fait réfléchir… avec ou sans viande –quoique plutôt sans- comment mangera-t-on demain ?

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Published by Colimasson - dans Film
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