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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 11:54
 





Zidrou n’avait jamais été personne d’autre pour moi que le père de cet adorable Elève Ducobu que je prenais plaisir à lire lorsque j’étais enfant. Le voir impliqué dans une réalisation à destination d’un public plus âgé a donc forcément éveillé ma curiosité. Zidrou s’exprime-t-il différemment lorsqu’il met l’enfance de côté ? Zidrou et moi avons-nous fait évoluer notre façon de penser d’une manière similaire depuis que je ne lis plus L’élève Ducobu?


Soit que j’aie perdu ma capacité d’enchantement, soit que Zidrou s’exprime en effet différemment lorsqu’il s’adresse à des adultes, le Beau voyage n’est pas parvenu à susciter mon adhésion. Entre les deux époques qui m’auront vue lire cet auteur, je n’ai pas dû être assez biberonnée à son langage. Résultat : je suis sevrée.


Ici, Zidrou arrache totalement son costume de faiseur-de-trublions à la manière de Ducobu. Il devient d’une gravité presque pathétique lorsqu’il évoque l’histoire de Léa. Cette jeune fille a connu une enfance difficile : gamine de substitution, née pour « remplacer » son frère Léo mort noyé dans une piscine, elle ne reçoit ni l’affection de son père, trop occupé par sa profession de médecin généraliste, ni de sa mère, trop attristée par la disparition de son précédent enfant. L’amour la déçoit également, qui se conclut tantôt par un avortement, tantôt par la lâcheté, et s’il trouve un remède auprès d’une femme, il lui faudra toutefois investir encore énormément d’énergie pour lui permettre de s’épanouir malgré le regard des autres. La mère meurt, bientôt le père. Bon débarras ? C’est ce qu’on dit… mais en ouvrant le tiroir du bureau de son père, Léa découvre tous les dessins qu’elle avait adressés à son père lorsqu’elle était enfant. Elle découvre aussi des dessins de Léo et finit par dévoiler les secrets familiaux de son enfance.


Le beau voyage ne ment pas et cherche réellement à permettre la progression du personnage vers une plus grande quiétude en passant par le pardon. Toutefois, aussi beau qu’il soit, ce voyage se fait avec le mal de mer, un débordement de larmes, de cris et de pathétique qui donne le tournis. On n’en sort pas particulièrement distrait, pas grandi ni enrichi non plus. C’est une histoire passionnée parmi tant d’autres, qui donnera éventuellement envie de relire les aventures plus bigarrées de L’élève Ducobu.


Zidrou a écrit:
Comment ? Un enfant de 7 ans pouvait avoir des pulsions suicidaires ?!?
Je n’en revenais pas. Les lectures d’abord, l’expérience ensuite devaient m’apprendre à quel point, en effet, un enfant pouvait porter les blessures familiales –jusqu’à celles jamais cicatrisées des générations précédentes.



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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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commentaires

Mo 29/05/2013 08:13

Je m'étais habituée à lire des avis enjoués sur cet album. Ton avis me permet donc de relativiser les choses. Je ne crois pas avoir eu l'occasion de lire du Zidrou dans ma vie de lectrice et
j'aimerais le découvrir. Je ne débuterais pas par ce titre, "Les Folies bergères" me tentaient en revanche.

Colimasson 30/05/2013 08:37



Est-ce le nom de Zidrou qui a provoqué cette effusion d'avis enjoués ? Sans doute...


"Les Folies Bergères" a l'air plus prometteur. J'attendrais quand même ton avis ;) (à toi de prendre le risque maintenant, hé hé hé)