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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 13:29




Le mot « maman » contenu dans le titre de l’album est à l’origine d’une grave erreur de classement. L’ouvrage s’est malencontreusement perdu dans le rayon enfants de la bibliothèque municipale –dans ce cas, il aurait également très bien pu se perdre dans le rayon médical, et cela aurait peut-être même été plus pertinent.

Bien solide serait l’enfant prêt à lire ce récit tiré de l’expérience de Brian Fies, adulte sans que cela ne le dispense d’éprouver une peine bien compréhensible devant le cancer de sa mère. Il trouve un moyen comme un autre pour expier son inquiétude : la publication en feuilleton de l’évolution de la maladie de sa mère sous la forme d’une bande dessinée. Initialement regroupées sur son blog, les vignettes ont finalement été assemblées dans un album plutôt court et dense puisque Brian Fies réussit à évoquer, en moins de cent pages, toute la durée qui a séparé le début et la fin de la maladie –début et fin relatifs car se pose la question de savoir depuis quand sévissait la maladie, et jusqu’où sévira-t-elle, en dehors des pronostics médicaux ?



Brian replace sa mère dans son contexte familial et rappelle son passé, mais les singularités évoquées, prises entre les pinces mortelles du crabe, n’arrivent pas à faire oublier la menace qui plane toujours en arrière-fond. Les joies semblent artificielles, dérisoires. Pourtant, elles s’avèreront nécessaires. Peut-être même vitales ? C’est la question posée en filigrane dans cet album. Elle pousse également à s’interroger sur l’influence de l’environnement sur le psychisme, et donc sur la progression de la maladie.

Tout au long de son traitement, la mère de Brian Fies a en effet été bien entourée. Outre son fils, elle bénéficie du soutien de ses deux filles : l’une est infirmière (cela tombe bien) et l’autre vit sous le même toit qu’elle. Tous l’assistent au quotidien et suivent attentivement ses rendez-vous médicaux, les diagnostics et le pronostic vital.
Si « Maman » fera finalement partie des 5% de miraculés qui survivent à un cancer du cerveau, c’est peut-être parce qu’elle a eu le privilège d’être aussi bien entourée. En ce sens, le récit du cancer de Maman est un récit doré, loin de la déchéance qui peut concerner un plus grand nombre de malades…


Brian Fies a mis dans cet album toute son érudition au service de la compréhension d’un mal auquel il n’avait jamais été confronté jusqu’alors. Il met en forme les idées et les interrogations qui découlent de ses recherches de manière ludique. Les formes, les tons et les couleurs varient, surprenant sans cesse le lecteur, le déstabilisant comme si on le confrontait à son tour aux caprices du cancer. Le plaisir visible que Brian Fies a pris à réaliser la fresque de l’évolution du cancer de sa mère se transmet sans peine au lecteur. Il ne doit toutefois jamais faire oublier que cette activité créatrice a permis avant tout à Brian Fies de supporter le long traitement de sa mère et de ne jamais démissionner, même lorsque l’’issue fatale semblait inévitable.


 

Citation:
Quel peut être votre état quand une tumeur maligne au milieu du cerveau est le moindre de vos soucis ?



Citation:
Le cancer est en trois dimensions. Il a un volume. Ainsi, lorsque la longueur d’une tumeur passe par exemple de 13 à 10 cm, c’est en fait une différence de volume de 103 / 133) = (1000 / 2197), soit environ la moitié. Vous voyez pourquoi comprendre les maths peut aider ?





Citation:
Toutes les salles d’attente que nous fréquentons ont des puzzles. A première vue, cela semble anodin… Une façon comme une autre de tuer le temps en patientant. Mais je réalise que je n’ai jamais vu de puzzles dans un autre cabinet médical. Je pense que c’est à cause de la fréquence des visites, parfois quotidiennes. On peut placer huit ou neuf pièces, revenir le lendemain et trouver le même puzzle qui nous attend, un peu plus complet.



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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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commentaires

zazy 01/06/2012 12:03

Trop partie prenante, je ne pourrais lire ce genre de livre

Colimasson 02/06/2012 10:33



Oui, j'imagine que si ça répond trop à ton actualité immédiate, ça peut être dificile à lire.