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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 10:20



Rassurez-vous, le titre est mensonger… Heureusement d’ailleurs, car les aventures d’un personnage qui se contenterait seulement de dormir –si on exclut les péripéties de ses rêves- ne sauraient être exaltantes. Un lit, des ronflements, et tournez les pages ? Bof…

Toutefois, le personnage du Dormeur de Trondheim n’est pas loin de plonger à son tour dans l’immobilisme du pays des rêves… Comme chaque nuit se ressemble, les strips de trois cases rassemblés dans cet ouvrage présentent le même personnage, installé dans les mêmes conditions. Pour faire simple : toutes les cases de cet album sont identiques. Si ce n’est l’audace que représente cette idée, à part ça, pas de quoi s’émerveiller du dessin, du tracé ou de l’expressivité du personnage –qui est nulle.



Trondheim part donc avec un énorme désavantage qu’il se doit de pallier. Comme l’intrigue est réduite elle aussi à néant, il ne reste au Dormeur plus qu’une chose à nous prouver : que la teneur de ses propos suffit à elle seule à compenser tout le reste. Le risque est grand de provoquer un bide monumental, mais Trondheim réussit à convaincre en proposant à son lecteur une version nouvelle des recueils d’aphorismes. Il permet toutefois à son personnage de sortir de la seule sphère de ses pensées en faisant parfois intervenir la femme du dormeur –que l’on ne devine qu’à travers l’apparition plus ou moins régulière de phylactères, parvenus depuis le fin fond de la chambre. Les deux personnages sont cyniques et remplis d’idées saugrenues qui donnent lieu à des affrontements verbaux caustiques ou à des considérations absurdes dont la chute est toujours inattendue –sortes de blagues Carambar pour désabusés.



Le Dormeur est un ouvrage difficilement catégorisable. Dans la forme, il tient de la bande dessinée dans sa version minimaliste. Dans le fond, il fournit un mélange d’aphorismes qui tournent parfois au sketch lorsque le second personnage de l’épouse intervient. L’idée plaît mais le charme tient surtout à la surprise de la découverte. Au-delà de cet enchantement, aucun doute que l’idée trouve rapidement ses limites…

Encore quelques strips ?





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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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commentaires

Mo' 18/07/2012 07:51

Je note. J'avais apprécié un autre exercice d'écriture "sous contrainte" qui avait été réalisé par Trondheim : "Moins d'un quart de seconde pour vivre" (en collaboration avec JC Menu). Le principe
était similaire : avec un vivier limité de visuels, j'avais aimé sa façon, au final, de nous raconter une histoire complète, intelligente et pleine d'humour

Colimasson 18/07/2012 13:07



Je ne connaissais pas ! A lire pour poursuivre ma découverte de son univers...