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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 20:52





Fut une époque où la voie royale de la réussite nécessitait un parcours d’accomplissement scientifique : mathématiques et sciences triomphaient au palmarès des disciplines les plus nobles. Suivit une époque où cette notion de valeurs s’inversa. Les sciences, devenues de piteux divertissements après que tous les progrès de la technologie souhaités par l’homme se sont accomplis, ne font plus la fierté de personne.


"Oui, je sais que l'on t'a laissé prendre la technologie comme matière principale, mais on ne pensait pas que tu serais aussi sérieux à ce sujet. Quand j'avais ton âge, j'ai eu une passion pour la botanique, mais je n'en ai jamais fait la principale occupation de ma vie."


Dans la cité mythique du Lion de Commare, il paraît que l’aboutissement des progrès technologiques est complet. Vit ici une population qui a atteint la fin de l’histoire. Reculée du reste du monde, elle ne parle ni n’entend plus le reste de la civilisation. Comment vit-elle précisément ? L’intérêt pour la découverte de cette curiosité est longtemps repoussé par Arthur C. Clarke jusqu’à ce que l’on se demande s’il souhaitait vraiment nous décrire la cité de [bCommare[/b]. L’attente médiocre n’éveille pas la curiosité et lorsqu’on découvre le fonctionnement de ce monastère utopique, après de nombreuses mais insignifiantes péripéties qui nous auront perdus en chemin, l’étonnement n’atteint pas l’intensité que l’imagination de l’auteur aurait pu réclamer. 


Pourtant Arthur C. Clarke touche à un fantasme puissant : que se passerait-il si nous pouvions stocker les pensées de chacun et les réinjecter à d’autres ? Mieux encore : que se passerait-il si ces pensées pouvaient se confondre avec la réalité ? Serait-il alors possible de changer de peau et de vivre par substitution ? Et que deviendrait alors l’humanité livrée à ses rêves ? 


"Il y avait d'autres hommes à Commare, reposant hypnotisés sous les projecteurs de pensées."


Le récit nous permet d’explorer les limites d’un tel fantasme et nous interroge sur les fondements de la sublimation. La fin de l’histoire n’est pas politique ; elle est technologique et passe par une puissante lénification que l’industrie de divertissement n’a pas encore réussi à atteindre -sans qu’on ne puisse toutefois dire précisément si c’est tant mieux, ou tant pis.


*peinture de Neo Rauch

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Published by Colimasson - dans Livre
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