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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 14:20




D’emblée, Fred Pontarolo nous donne le ton de l’histoire. Le personnage principal du Serpent d’Hippocrate, plongé en plein procès, s’est embarqué dans une aventure où il y laissera des plumes. Et pour comprendre comment cela s’est passé, il ne tient qu’à nous de poursuivre notre lecture…

On tourne la page et on retourne quelques années plus tôt. Alain Mangeon, médecin rural, fait la connaissance d’Isabelle Sbikowki. Cette patiente effacée et meurtrie, tant physiquement que moralement, se confie peu à peu à Alain : son mari, Paul, militaire de carrière, est souvent absent, et lorsqu’il rentre de mission, il évacue toute sa violence et toute son agressivité sur sa femme et leur petite fille de trois ans, Emilie.
Rapidement, les relations entre Alain et Isabelle dépassent le cadre purement médical. Mais quel est le rôle d’Alain lorsqu’il ne peut que constater, impuissant, les ecchymoses et les plaies que Paul laisse sur le corps d’Isabelle ? En tant que médecin, quelles sont les limites qu’il doit veiller à ne pas franchir pour sauver sa « patiente » d’une lente et douloureuse destruction ? Et, pour en revenir au titre de l’album, le serment d’Hippocrate doit-il toujours être respecté ? Dans cette histoire, la morale voudrait nous prouver le contraire… Mais je m’arrêterai ici dans les révélations pour ne pas gâcher le seul intérêt de cet album qui tient au dénouement final.




En effet, si le retournement de l’histoire vaut que l’on s’attarde sur cette bande dessinée que l’on engloutit en moins de deux (son contenu est relativement léger), il sera difficile de trouver d’autres qualités à ce Serpent d’Hippocrate. D’accord, cette adaptation d’une histoire vraie ne devrait pas laisser insensible, mais est-ce parce que cette histoire raconte la souffrance réelle vécue par un homme et par une femme que l’on devrait mettre de côté tout le bon sens de son jugement ?
Du début à la fin, on traverse cet album comme un désert de misère et de désolation. Ce n’est que pleurs, tristesse, souffrance, mensonges. Les couleurs grises et sombres des pages ne sont pas là pour nous prouver le contraire. L’ensemble aurait pu être beau ou mélancolique, mais Fred Pontarolo ne réussit qu’à énerver son lecteur en lui présentant des personnages qui s’apitoient sans cesse sur eux-mêmes et qui ruminent leur chagrin en se donnant des airs de martyr. Difficile de s’attacher à eux et, dans l’accumulation grotesque des malheurs qu’ils décrivent, on en viendrait presque à se réjouir de leur manque de veine.



Et ce n’est pas tout…


J’imagine sans peine que l’histoire de ces deux personnages, telle qu’ils l’ont réellement vécue, soit cruelle et mérite que l’on s’attarde sur elle. Malheureusement, Fred Pontarolo n’a pas réussi à la retranscrire avec tout le recul nécessaire. Le Serpent d’Hippocrate est le mélange raté des Feux de l’amour et du récit du Chemin de Croix du Christ. Rien qui ne donne très envie donc…




Même une invitation au cinéma est prétexte aux larmes


La joie est-elle possible sur Terre ?



Et si nous ne devions retenir qu'une phrase de cet album, se serait la suivante :

"Se venger sur Fanfan mon âne ! C’est pas humain…"



Avec tout mon respect... bonjour

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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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