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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 19:13






Outre le fait qu’un seul volume aurait été trop dense à assimiler d’un coup, on comprend après lecture pourquoi l’adaptation des Années douces de Taniguchi a été réalisée en deux volumes distincts. Alors que l’élève Tsukiko paraissait encore en retrait dans le premier volume, celui-ci montrera une évolution flagrante de son comportement vis-à-vis du maître. A l’image du titre, une « folie douce » semble s’éveiller en elle. Tapie là jusqu’à présent, parce qu’elle n’avait sans doute jamais trouvé les conditions favorables à son épanouissement, la relation atypique qui lie la jeune femme à son ancien professeur lui fait prendre conscience des caractéristiques de sa personnalité, à la base de son mode de vie solitaire. Alors qu’elle n’avait jamais douté du confort de son célibat, elle remet en question ce qui n’apparaît plus comme un choix rationnel mais comme une situation subie. Tsukiko avait toujours préféré vivre seule parce qu’elle n’avait trouvé personne avec qui elle souhaitait partager sa vie ; maintenant que le Maître fait partie intégrante de son univers, elle se morfond de rester seule –c’est-à-dire sans lui.






Plus creusé et plus réfléchi que le premier volume, le second tome des Années douces s’empare de Tsukiko comme objet d’étude psychologique. L’apport original du roman de Kawamaki doit sans doute beaucoup à l’intérêt des réflexions textuelles qui émaillent les pages, mais Taniguchi apporte également des nuances subtiles à travers son dessin aux traits fins, support idéal pour la transcription des émotions puissantes que tentent de dissimuler les personnages.

Alors que le premier volume semblait finalement assez conventionnel, celui-ci surprend. L’intrigue progresse d’une façon inattendue et même si les aventures entre Tsukiko et le Maître restent relativement peu ébouriffantes, extraites de leur atmosphère contemplative, elles finissent souvent par prendre des allures audacieuses, révélant la tension de leur affect dans toute leur puissance.





On ne peut pas dire que Les années douces, malgré sa beauté, soit une œuvre bouleversante et qui prend de plein fouet. Elle arrive toutefois à susciter de sincères réactions de compassion et d’attachement -sentiments plus diffus mais plus marquants- et se montre finalement plus surprenante que d’autres réalisations dont l’aspect provocateur aurait été plus clairement revendiqué.


Toujours de belles planches consacrées à la gastronomie :



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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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