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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 20:58



Les Bidochon ont depuis longtemps démontré l’inexactitude de la théorie schopenhauerienne de l’amour. Avant même d’avoir essayé de se reproduire (suite à un repas d’huîtres tournées au vinaigre, dans une ambiance olfactive et auditive constituée de pets et de rots), Raymond et Germaine ne se sont jamais sentis grisés par le désir incessant de l’autre –ce que Schopenhauer désigne comme une illusion transmise à l’individu pour l’obliger à perpétrer l’espèce.



Les débuts de l’histoire entre Germaine et Raymond ne pouvaient pas être plus prosaïques. L’horloge biologique s’affole. Germaine, qui conserve toujours ses « tétons de vierge » dans l’étole soyeuse de ses soutien-gorge XXL, fait appel à une agence matrimoniale qui se chargera de lui trouver l’homme parfait. Ni une, ni deux, on lui sort des fonds de tiroirs le bon vieux Raymond, pas trop réticent sur la marchandise. Tant que la matrone qu’on lui refile ne l’empêche pas de s’enfiler ses sardines à l’huile et pommes de terres frites au cours de leur premier rendez-vous, elle représentera forcément un produit rentable par rapport à l’investissement exigé.



On aura compris que l’amour avec Binet n’est pas une partie de plaisir. Et puis d’ailleurs, marre de devoir coller du rose partout dès qu’il est question de bisous et de bons sentiments. Dans cet album, les dessins sont tout de noir et de blanc vêtus. Le décor, réduit à des flèches explicatives, permet de mieux se concentrer sur les mines cernées et dépressives des personnages. Le monde dans lequel les Bidochon évoluent est à leur image : peuplé de monomaniaques égoïstes qui se battent nuit et jour pour permettre à leurs désirs de s’affirmer au détriment de ceux des autres –lutte ô combien réjouissante pour le lecteur !



De déboires en déboires, le couple Bidochon pourra donner envie à l’optimiste de se caser (qu’est-ce que ça va être marrant de péter en chœur dans le lit) ou au pessimiste de divorcer (ça fait chier de devoir payer 3€50 pour une bouteille d’eau de Cologne quand même). Il prouve en tout cas, dans sa conclusion, la justesse de la théorie darwinienne : inadaptés et autres paralytiques de la vie en société, abandonnez tout espoir de vous reproduire. Raymond et Gertrude devront faire une croix sur Bidochon Junior et accepter la fatalité du sort : un clébard et puis c’est tout. Et c’est peut-être tant mieux…


 

Citation:
- Robert, solennellement, je remets entre tes mains, mon sexe, dont la fraîcheur n’a rien à envier à une pâtisserie faite du jour même !
- Ah, s’il te plaît, ne parle plus de bouffe ! Rôôôt. Parce que, ça yoyotte ! Bon, allez, grouille ! Fous-toi à poil !




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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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