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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 20:27






Le précédent voyage en bord de mer, qui constituait l’objet du volume 2 de la série des Bidochon, avait été trop éprouvant pour Raymonde et Robert. Lâchés dans la nature, ils avaient été pris au dépourvu par l’immensité des distractions auxquelles il était possible de s’adonner. Que faire en priorité ? Et dans quel ordre ? Que faut-il découvrir ? Quels musées faut-il visiter ? Quels plats locaux faut-il goûter ? Comment savoir si on s’est bien amusé ? si on n’a pas perdu son temps ? si on a profité au mieux de ses vacances ? Toutes ces questions sont déterminantes et permettent de savoir si l’argent investi dans les vacances n’a pas été dépensé pour rien… Rentabilité avant toute chose !






Sans doute terrorisés par cet horizon de liberté sans limite, cette fois-ci, les Bidochon ont décidé de confier leurs vacances aux pâtes « Raviolis Patzani ». La responsabilité individuelle se réduit à son strict minimum : il suffit de se présenter à l’aéroport, de rejoindre le groupe (même s’il n’est pas toujours évident de se frayer un chemin parmi la foule sans s’égarer en cours de route) et de laisser faire… Un guide et un organisateur sont là pour veiller au bon déroulement de l’opération « Vacances » : « 14h : Heure du rendez-vous sera ; 14h10 : Les bagages, sur le caddie, empilerons ; 14h15 : Au guichet, les bagages enregistrerons »… Les véritables vacances, c’est peut-être cela : démissionner totalement vis-à-vis de soi-même et de l’organisation de son temps… S’en remettre aux volontés toutes-puissantes et bien intentionnées de dirigeants supérieurs…







Si l’enthousiasme règne d’abord dans le groupe (ah ! les joies de la mixité sociale et de sa diversité, du fanfaron à tout va jusqu’à la pleurnicharde Raymonde, en passant par ceux qui ont tout-vu, tout-vécu…), les premiers désavantages de la soumission aux grands ordres ne tardent pas à apparaître. Quel plaisir à goûter aux spécialités locales si elles ne parviennent pas à faire oublier le charme d’une bonne vieille choucroute nationale ? Pourquoi aurait-on envie de se lever de bonne heure si c’est pour visiter une succession de monastères qui se ressemblent tous, alors qu’il aurait été si plaisant de faire le tour des boutiques de souvenirs locaux ? Heureusement, quelques petits imprévus permettent d’immiscer un peu de piquant dans cette mécanique bien huilée et de rendre le voyage plus excitant que prévu… Le dépaysement surgit, brutal, à la vision des vis et boulons utilisés par les autochtones ; la surprise se manifeste à son tour, entière, devant la similitude des postes de télévision employés dans les chambres d’hôtels ; enfin, la tension et l’émotion sont à leurs combles lorsque Robert remarque, après une bonne heure de voyage en car, que son épouse Raymonde a été oubliée dans les bois où tout le monde a été soulager sa vessie lors de l’arrêt précédent…





En conclusion ? Un voyage bien plus enthousiasmant et riche en sensations fortes que la vulgaire bluette en bord de mer… Qui l’eut cru ? mais Robert et Raymonde se seraient peut-être tout aussi bien plus au cours d’un séjour d’immersion à l’armée. Règlement, esprit de groupe, horaires stricts : les similitudes sont nombreuses et expliquent peut-être le soulagement ressenti à la fin des vacances… et quelle joie de retrouver enfin la bonne vieille choucroute locale !


Citation:
- 8h02 ! On est en retard de deux minutes ! Ca va barder pour nos matricules ! Avec ta manie de rester des heures aux cabinets !
- C’est le changement ! Ici, je suis bloquée !
- T’avais qu’à prendre tes dragées !




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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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