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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:18






Robert et Raymonde s’aventurent sur des territoires audacieux. Bidochon, soyez les bienvenus en territoire kafkaïen ! Ne connaissiez-vous pas encore la complexité du système administratif à l’accueil d’un hôpital ? L’ongle incarné de cette pauvre Raymonde s’en souviendra certainement longtemps… Dans un enchaînement de cause à effet contre lequel il semble impossible de lutter, les Bidochon vont goûter jusqu’à plus faim des services tertiaires de la période post-industrielle.





L’hôpital, qui avait déjà fait l’objet d’une représentation approfondie dans le volume des Assujettis sociaux, ne sera pas le seul à souffrir du regard affuté de Binet. Les flics mal débroussaillés de la moustache sont dépeints dans toute leur arrogance bornée, illustrant à la perfection ce paradoxe qui voudrait que moins l’on en sait, plus l’on en dit. Les services fiscaux et sociaux s’emmêlent les pinceaux et nous font remuer dans sa tombe notre pauvre vieux Robert, pourtant plus vivant que jamais lorsqu’il s’agit de taper du poing sur les tables. A ce jeu-là, il trouvera toutefois de la concurrence puisque l’on n’entre pas dans les services fiscaux à sa guise : ceux-ci sont en effet gardés par de puissants cerbères d’autant plus incontournables que leur innocente apparence de secrétaire ne laissait rien douter de leur agressivité.




Emmené dans ces systèmes labyrinthiques de force plutôt que de gré, Robert finit par perdre la tête. Pour la première fois depuis le début de la série, les Bidochon s’autorisent une incursion vers le côté fantastique de l’existence, ramant péniblement sur des fleuves de paperasses indigestes. Bercés par le murmure des flots, nous nous rappellerons cette question étrange, posée à Raymond par un agent de la sécurité des plus louches : « Et comment l’ongle incarné pouvait-il être au parking si ta femme était dans la voiture ? »…






Oui, Binet vire à l’absurde, et s’il arrive à nous prouver que Raymond peut être mort tout en étant vivant, il parvient également à ressusciter Ionesco et son humour désespéré ! Si le thème n’est pas original dans l’œuvre des Bidochon, on ne pourra toutefois pas dénier que son traitement se fait toujours de la manière la plus convaincante possible pour le lecteur… Et gare si vous n’aimez pas ! L’armoire normande –pourfendeuse des ennemis des Bidochon- risquerait bien de meurtrir votre entendement…


Citation:
- Bon dieu ! Quelle bouillie !! Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Monsieur Merlan vient d’être écrasé par une armoire normande !
- Une quoi ?


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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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